Jeunesse

Nature extrême – Yves-Marie Clément

Clement.jpgQuatre-vingts jeunes gens se rendent en car au camp de vacances Harmonie Nature fondé par le militant écologiste Teddy Sumerton. Ils ne sont pas tous aussi motivés les uns que les autres mais viennent tous de l’Alaska pour passer quinze jours d’été sur les rives de la Copper River. Lors de la pause pique-nique, et malgré les recommandations, cinq d’entre eux s’éloignent et sont oubliés. Manque de chance, les bus n’ont pas continué leur route vers le chalet tout proche : ils ont bel et bien fait demi-tour pour cause d’avis de tempête !

Yves-Marie Clément crée dans ce roman une ambiance de film d’horreur : cinq jeunes gens enfermés dans un chalet avec interdiction de sortir car il se passe à l’extérieur des choses étranges et potentiellement dangereuses. Bien entendu, ils vont faire exactement l’inverse de ce que le bon sens leur dicte : ouvrir la porte, sortir dans la neige, se séparer? La menace vient d’abord des animaux, plus précisément d’un bon gros chien qui attaque Gabin sans raison. La blessure s’infecte salement. Les loups se mettent à hurler, les ours à s’agiter, les fourmis et les rats à pulluler.
On comprend l’idée directrice très rapidement : l’homme a abusé de la nature et celle-ci se venge. Non loin du chalet se trouve en effet une base militaire qui abrita jadis des expériences génétiques aussi peu recommandables que secrètes. Un savant fou est allé trop loin en vue de fabriquer des surhommes invincibles. Bien. Là où le roman pèche, c’est par ses personnages, censés être des étudiants et qui ont tout juste une mentalité et des réactions de lycéens. Ils sont un peu simplistes, l’ambiance Club des Cinq n’est pas loin. Surtout qu’ils savent à peu près tout faire, une civière avec trois bouts de bois pour transporter un blessé, et même tirer au révolver pour abattre un grizzli comme ça, du premier coup. Bref, tout ce monde-là est un peu stéréotypé, c’est dommage.

L’intrigue est attendue mais le propos tient la route, ce genre de dénonciation n’étant jamais superflue.

Nature extrême, Yves-Marie Clément, Seuil, juin 2012, 299 pages, 13.90€

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