Siegfried – Alex Alice


siegfried-2En trois albums, Alex Alice retrace le parcours de Siegfried, héros mythique des sagas nordiques. Quelques simplifications de scénario ne nuisent pas à l’intrigue mais au contraire allègent une histoire aux ramifications complexes.

Alors qu’il crée le monde, Odin opte pour l’amour plutôt que pour le pouvoir de l’or. Il s’en débarrasse en le plongeant au plus profond d’un fleuve surveillé par sa fille aînée. Par amour, la gardienne est distraite de sa tâche et c’est Fafnir le Nibelung qui s’en empare. Son amant meurt et elle aussi en donnant naissance à un fils, Siegfred, recueilli et éduqué par Mime, le Nibelung forgeron, frère de Fafnir. Mime espère secrètement que le garçon pourra un jour tuer Fafnir et s’emparer de son trésor ; alors il le tuera. En attendant, le pouvoir de Fafnir croît : il s’est transformé en dragon tandis que Siegfried grandit dans l’ignorance de ses origines, loin des hommes, asservi à Mime.

Quand Odin décide de se retirer du monde, il ne reste plus que Siegfried pour affronter le dragon et l’empêcher de dévorer totalement la terre : ignorant le pouvoir des dieux, il est innocent et donc capable de vaincre. Mais la Walkyrie, fille d’Odin, décide de l’aider, désobéissant ainsi à son père. Siegfried trouve l’épée brisée de ses parents, comprend que Mime lui a menti et décide de partir chercher le pays des hommes. Pour ça, il doit traverser le monde des géants semé d’obstacles, puis trouver et affronter Fafnir.

Alex Alice utilise à son gré le matériau mythologique, mettant l’accent sur l’héroïsme à travers le personnage de Siegfried, mais aussi sur l’amour : celui d’Odin qui renonce au pouvoir de l’or pour être capable d’aimer, celui de la gardienne qui pour son amant perd son éternité, celui de la walkyrie pour Siegfried. Car celle-ci est bien plus femme et fille que guerrière. Elle est aussi rousse et terriblement bien proportionnée…

Ces trois albums ne manquent pas non plus d’humour, bien que le sujet initial ne s’y prête pas vraiment. Alex Alice ne se prive pas de mettre en scène de façon comique les relations entre Siegfried devenu adulte et Mime qu’il traine comme un boulet.

Le graphisme est très sombre, beaucoup de scènes ont lieu dans les bois, ou sous terre, ce qui convient particulièrement à Mime que la lumière du soleil transformerait en pierre. L’obscurité souligne le danger et l’incertitude. Certaines planches pleine page sont vraiment envoutantes. A l’inverse, des cases trop étroites m’ont paru moins précises, notamment celles concernant Fafnir qu’on ne voit jamais vraiment. Certaines situations sont assez théâtrales et les poses convenues. Parfois Siegried ressemble plus à un superhéros qu’à un héros nordique (il a même un air napoléonien sur son cheval !) et Odin semble sortir de la version Jacksonienne du « Seigneur des Anneaux ». Bien sûr, quand on adapte un tel mythe, c’est du cinémascope. Alex Alice ajoute à cette veine épique un élément majeur, l’amour, qui devient le moteur des personnages. Ils restent cependant très monolithiques, sans véritable touche intimiste.

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Sur un scénario déjà tout ficelé, Alex Alice offre une vision assez classique, parfois convenue, magnifiée par le dessin grandiose et la flamboyance des couleurs.

Tome 1 : Siegfried, Dargaud (2007)
Tome 2 : La Walkyrie, Dargaud (2009)
Tome 3 : Le Crépuscule des dieux, Dargaud (2011)

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