BD/Mangas

Azimut – 1 / Lupano & Andreae

Comme pour les précédentes bandes dessinées de l’illustrateur Jean-Baptiste Andreae (Mangecoeur et La Confrérie du crabe, toutes deux avec Mathieu Gallié au scénario), on commence par regarder Azimut, par se perdre dans ce magnifique univers aux couleurs lumineuses, aux personnages étranges. Créatures improbables, « tronches » saisissantes et décors surréalistes posent les bases d’un univers propice au rêve et à l’imaginaire.

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Le scénario, bien sûr, est à l’avenant. Car voilà qu’on a perdu le nord ! Les explorateurs, comme le comte de La Pérue, explorateur royal de son altesse Irénée le Magnanime, roi de Ponduche, s’en reviennent à leur point de départ, croyant avoir trouvé une nouvelle terre ; des poissons volants se fracassent sur la plage, tandis que des oies vertes venues on ne sait d’où, paradent autour de leur cadavre ; jusqu’aux chronoptères migrateurs qui ne savent plus où se rendre…

Le roi Irénée est lui aussi bien embêté : il a trouvé une fiancée, la très belle et très sexy Aïcha, mais voilà qu’un peintre à moitié mort noyé l’accuse d’être une catin, une menteuse volage et une vulgaire voleuse de crônes, vieille monnaie sans valeur. Serait-ce l’affreuse vérité ?

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Le major Oreste Picote lui n’en doute pas, puisqu’il est à la recherche de la voleuse. Accompagné d’un lapin blanc qui parle (Polo, ci contre), un saugre, il rencontre Aristide Breloquinte au moment une clepsigrue pond un œuf qui selon toute probabilité doit contenir un saugre. Le vieil homme est une sorte de savant farfelu qui étudie les chronoptères : abeille rétromèle (dont le miel permet de revivre un souvenir oublié), mouche gobe-temps (parasite qui requiert fixement l’attention) ou libellule mémorantèle (capable de capturer un reflet)… bref, les caprices du temps incarnés en créatures fantastiques.

Si on avait affaire au premier volume d’une série traditionnelle, « Les Aventuriers du temps perdu » devrait poser des jalons, présenter des personnages. Mais foin du rationalisme, avec Azimut on est bien loin de toute logique et proche du non sens, au sens poétique du terme. Le professeur Breloquinte semble détenir plus d’une clé de cette intrigue, mais bien malin celui qui devinera vers où se dirige l’intrigue et pourtant, à peine refermé, on voudrait déjà la suite pour se replonger dans ces pages si oniriques où les détails farfelus foisonnent.

Difficile de ne pas penser à la fantasmagorie de Alice au pays des merveilles ni de céder au charme intrigant de l’univers étrange de Azimut.

Le portrait de Polo vient du blog de Jean-Baptiste Andreae.

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Azimut / 1 : les aventuriers du temps perdu de Wilfrid Lupano (scénario) et Jean-Baptiste Andreae (dessin), Vents d’Ouest, mai 2012, 48 pages, 13.90€

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