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Les faucheurs sont les anges – Alden Bell

Les faucheurs sont les angesPas d’anges dans Les faucheurs sont les anges, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, mais une Amérique post apocalyptique et des zombies, pleins de zombies, autrement appelés limaces ou sacs à viande. Au milieu, une poignée d’êtres humains qui tentent de survivre dans un monde dangereux, très dangereux. Le lecteur suit Temple, quinze ans environ, qui doit fuir l’île sur laquelle elle a trouvé refuge depuis plusieurs mois car les zombies comment à y accoster. Elle rejoint donc le continent pour un long road-trip qui la mène de communauté en communauté, le plus souvent accueillantes.

Ainsi arrive-t-elle dans un vaste complexe fait de quatre tours dans lesquelles vivent des centaines d’humains. Dont un particulièrement saoul et entreprenant que la jeune fille tue en se défendant. C’est que Temple n’est pas sans ressources, on apprendra peu à peu au court du roman que née dans un monde de zombies, elle a  appris à se défendre. Elle doit fuir la vengeance d’un frère qui se jure de la tuer. Il va inlassablement la suivre de ville en ville, ils vont même se sauver la vie l’un l’autre sans qu’il perde de vue son désir de la tuer lui-même de ses propres mains.

Grâce au présent de narration, le lecteur de Les faucheurs sont les anges prend tout de suite place aux côtés de Temple, il la suit dans son lent cheminement et la découvre peu à peu : orpheline, elle a perdu celui qui lui tenait lieu de frère, ainsi qu’un oncle de substitution.  Elle ne possède rien, a perdu tout attachement et sait que l’affection ne vaut rien dans un monde perdu pour l’humanité. Plutôt que de se terrer dans une communauté, qu’elle soit à l’échelle d’une famille ou d’une ville entière, elle préfère tracer la route, vivre et se battre. C’est un personnage intéressant, dur et volontaire.

Comme pour tous les romans américains plus ou moins post apocalyptique publiés depuis quatre ans, La Route est évoquée en quatrième de couverture, bien que la tension et l’émotion n’atteignent pas du tout la même intensité. On y retrouve au mieux la solitude et l’environnement hostile, le terrible fardeau de la survie. Les faucheurs sont les anges manque d’intensité pour être vraiment aussi fort qu’il le pourrait. Certains aspects m’ont semblé par trop édulcorés, comme ces communautés toujours ouvertes à de nouveaux venus alors qu’on ne sait pas de quoi elles vivent. Pas vraiment l’ambiance hyper réaliste et violente d’une série comme « Walking Dead » par exemple ; ici, les méchants ce sont les zombies. Dommage par exemple que la famille Grierson ne donne pas Maury à manger au paternel enfermé dans la cave, ça aurait été bien plus cynique. Mais pas moral, c’est certain.

Les faucheurs sont les anges (The Reapers are the Angels, 2010), Alden Bell traduit de l’américain par Tristan Lathière, Bragelonne, avril 2012, 281 pages, 18€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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