Jeunesse

La nuit de la 25e heure – Edward Hogan

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Daniel passe une semaine de vacances avec son père dans un centre du type sport et nature. L’idée vient du père, bien sûr, qui pense que ce séjour recollera au moins deux morceaux de la famille. Le troisième, sa femme, est parti et il ne s’en remet pas. Alors il boit, toujours plus, même en vacances. Daniel déteste le sport, il fait partie de ces jeunes qui aiment manger, tendance que son corps affiche bien trop généreusement. On se moque de lui à l’école où ses résultats sont au mieux médiocres.

Il n’attend donc rien de cette semaine, espérant la passer devant la télé du bungalow. Mais voilà que Daniel aperçoit puis entre en relation avec la jeune Lexi, une fille qu’il semble être le seul à voir. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes puisqu’il a déjà été victime d’hallucinations. Il s’entend pourtant bien avec elle, c’est même la première fille à le mettre à l’aise. Elle est directe, drôle, et plutôt jolie. Si ce n’étaient ces marques sur son corps qui au lieu de guérir semblent empirer de jour en jour. Et sa montre qui égraine les secondes à l’envers…

Bientôt, Daniel va comprendre que Lexi est prise dans une boucle temporelle : elle a disparu deux ans auparavant du centre, lors de la nuit du passage à l’heure d’hiver. Depuis, elle revit les événements terribles qui ont présidé à sa disparition.

Deux éléments traditionnels dans ce thriller fantastique : les relations difficiles entre un père et son fils ; un amour impossible. Le roman n’est pas épais et les personnages peu approfondis. En tant que lectrice adulte, j’aurais aimé en savoir plus sur le premier élément, sur la façon dont un adolescent appréhende l’alcoolisme de son père. D’autre part, Lexi a été violée puis assassinée, ça n’est pas rien et pourtant, le sujet n’est pas abordé.

Les événements s’enchaînent trop rapidement pour respecter une certaine cohésion psychologique (les relations avec les deux voisines se nouent vraiment très vite) car l’accent est justement mis sur le passage trop rapide du temps qui retient irrémédiablement Lexi prisonnière : le temps court et le lecteur veut savoir si Daniel pourra faire quelque chose pour elle. Il trouve bien sûr des obstacles sur son chemin qui ne lui facilitent pas les choses.

Si le personnage de Daniel est convaincant car suffisamment décrit, les autres me semblent plus faibles. Le roman parait un peu trop superficiel pour un public adolescent, mais l’enchainement de l’action sans temps mort pourra plaire plutôt aux pré-adolescents.

La nuit de la 25e heure, Edward Hogan traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec, Les Grandes Personnes, avril 2012, 237 pages, 16€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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