Hideout – Masasumi Kakizaki


KakizakiDans sa postface, l’auteur témoigne de sa passion pour Stephen King. Sans la lire, l’hommage au maître est évident, tant dans le registre de l’horreur que dans celui du suspens. La maîtrise de Masasumi Kakizaki est évidente sans pourtant qu’il sorte des sentiers battus.

Seiichi Kirishima, le narrateur, est écrivain. Depuis la mort de leur fils Jun, rien ne va  plus entre lui et sa femme Miki. Pour tenter de recoller les morceaux, ils partent en voyage sur une île qui a tout du paradis : la plage, le soleil, le calme… Mais alors qu’ils s’aventurent dans la montagne à la recherche d’une cascade, leur voiture tombe en panne. En fait, c’est surtout Seiichi qui prétexte une panne d’essence pour entrainer sa femme dans la forêt, armé d’une grosse clef à molette. Car Seiichi en a plus qu’assez des récriminations de Miki qui l’accuse de la mort de leur fils et le traite comme un chien. Bientôt, il la frappe et tente de la tuer mais elle parvient à s’échapper et à entrer dans une grotte. Très sombre la grotte, pleine de bruits, d’ombres, et même de cellules avec des gens enfermés dedans depuis tellement longtemps qu’ils ne sont pas beaux à voir…

 

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L’enfer commence pour Seiichi, qui ne va pas trouver la sortie rapidement, on s’en doute…

Rien d’original dans ce one shot mais tout est parfaitement maîtrisé. Quelques judicieux flash-back nous apprennent comment Seiichi en est venu à une telle rage et ce qui est arrivé à son fils. Ils permettent de comprendre son sentiment de culpabilité, sa déchéance sociale et surtout sa haine envers sa femme.  Excellente construction narrative, donc. Mais aussi un graphisme soigné, très sombre, jouant sur les contrastes, le surgissement, l’entre-aperçu dans la constante pénombre. Des êtres apparaissent, disparaissent, des créatures humaines ou qui le furent mais que sont-elles désormais… ?
Il y a pas mal de sang mais l’auteur aurait pu faire pire, donner dans la surenchère et donc tout gâcher. Le dosage d’hémoglobine, de suspens et d’émotion est parfait.

Très bonne qualité aussi du manga lui-même avec une couverture épaisse, d’aspect sépia et des premières pages en couleur qui annoncent la violence et donnent immédiatement envie au lecteur de savoir comment le personnage en est arrivé là (ligoté nu et ensanglanté dans un réduis très sombre, suppliant qu’on l’épargne).

Inévitable pour les amateurs d’horreur et de suspens.

Hideout (2010), Masasumi Kakizaki traduit du japonais par Ryoko Akiyama, Ki-oon, octobre 2011, non paginé, 7.50€

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