Jeunesse

Odd et les géants de glace – Neil Gaiman

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Je vais faire court cette fois, ça changera. C’est inattendu d’ailleurs parce qu’un livre de Neil Gaiman, c’est comme une gourmandise et j’ai souvent beaucoup à dire sur les petits plaisirs de la vie. Mais là non, c’est limite contrariant.

Odd est un jeune garçon étrange, on s’en doute, qui boite et sourit tout le temps. Il a perdu son papa Viking, et son beau-père ne l’aime pas, le pauvre. Alors il se rend dans sa petite cabane, on est mieux tout seul quand on est triste. Son chemin croise celui d’un renard qui le mène à un ours qui a la patte coincée dans un tronc d’arbre. Il parvient à vaincre sa peur de l’animal et à le délivrer. Il apprend alors que l’ours est en fait le dieu Thor, le renard Loki, et l’aigle qui plane là-haut, Odin, Père-de-Tout : ils ont tous trois été transformés et exilés par les géants de glace qui ont envahi et givré le pays. Le printemps ne reviendra jamais, les gens et les animaux mourront sauf si Odd parvient à chasser les géants de glace.

Ce petit roman n’est rien d’autre qu’un conte, avec un petit héros pas fier au début, mais malin. Il passe haut la main les épreuves qui l’attendent et sauve le monde. C’est mignon, ça aurait pu être écrit par n’importe qui d’autre que Neil Gaiman. J’avais déjà eu cette impression avec Stardust, un conte aussi, durant la lecture duquel j’ai attendu en vain un peu d’humour, ou de macabre, ou les deux. Je préfère de très loin le Gaiman de  Coraline, j’aime quand il me fait peur, même avec des histoires pour gosses.

Et pour achever de ne pas me convaincre, cette histoire est illustrée, comme l’était  L’étrange histoire de Nobody Owens. Mais cette fois ni par Chris Riddell ni par Dave McKean, mais par Brett Helquist (illustrateur des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) façon comtesse de Ségur : sur une page, une image encadrée et dessous une ligne reprise du texte de la page d’à côté. C’est vieillot et en plus, c’est laid.

Voilà, ça coûte dix euros, c’est pas beau, si vous l’achetez, tant pis pour vous.

 

Neil Gaiman sur Mes Imaginaires

Odd et les géants de glace (2009), Neil Gaiman traduit de l’américain (c’est ce qu’il y a écrit sur la première page) par Valérie Le Plouhinec, Albin Michel (Wiz), novembre 2010, 141 pages, 10€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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