Ceci n’est pas un jeu – Walter Jon Williams


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ARG, MMORPG, GURPS… ces acronymes ne vous disent rien ? Pas grave, à moi non plus, et ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ce roman de Walter Jon Williams qui propose à son lecteur une plongée sans filet dans le monde des jeux virtuels (mais pas tant que ça).

Acte I : Dagmar Shaw, conceptrice de jeux multimédia grandeur nature est coincée à Jakarta. La ville est en état de siège, les clans locaux s’affrontent et il n’y a plus moyen de quitter le pays. Son patron, Charlie Ruff, tente de faire intervenir une agence de quasi mercenaires pour la secourir, mais rien n’y fait. Par contre, la communauté des joueurs de Great Big Idea, son agence, n’est pas à bout de ressources ni d’influence. Ils sont des centaines, voire des milliers, et quand ils se mettent en marche, ils arrivent à tout. Même à trouver un bateau pour que Dagmar quitte l’Indonésie.

Acte II : Dagmar est de retour aux États-Unis où un de ses amis et associés fait assassiner. Parce qu’il cherchait illicitement des renseignements pour gagner au jeu de Dagmar, un des joueurs a filmé le meurtre. Un autre identifie le tueur comme appartenant à la mafia russe, un autre le localise. Et pendant ce temps, la police piétine…

Les meurtres ne vont pas s’arrêter là, ni l’implication des joueurs. C’est avec leur aide que Dagmar va comprendre qu’une incroyable opération de piratage est en train de déstabiliser l’économie mondiale. Et que les joueurs ont été manipulés afin de permettre l’élimination de gêneurs. Cela a-t-il un rapport avec l’étrange comportement du big boss ? En effet, Charlie demande à plusieurs reprises à Dagmar de modifier le déroulement du jeu afin d’y inclure des options payantes. La jeune femme ne résiste pas longtemps à cet ordre, elle risque sa place, comme BJ, jadis associé de Charlie, risqua la sienne, et la perdit, en s’opposant à lui.

Au cœur de ce roman, l’interconnexion entre fiction et réalité : jusqu’à quel point un jeu peut-il influer sur la réalité, et vice-versa. L’acte I est une excellente démonstration de la force des réseaux, pas si virtuels que ça. La suite tient du thriller avec mafia russe et vengeance, largement assaisonné de manipulations informatiques à tendance économiques et financières qui me dépassent mais demeurent compréhensibles car le but de Walter Jon Williams n’est pas de noyer son lecteur. Vu par une néophyte, l’ambiance geek est bien là, avec son vocabulaire, sa mal bouffe et ses joueurs quasi autistes d’une rare efficacité dans leur domaine.

Un environnement technologique et informatique pour une histoire d’amis déchirés par les conflits d’intérêt et la réussite économique. Il y a derrière ces gens qui réussissent et ces gens qui jouent énormément de solitude que l’auteur rend également palpable.

Une réussite donc que ce roman, dont j’ai préféré la première partie, beaucoup plus intense.

Walter Jon Williams sur Mes Imaginaires

Ceci n’est pas un jeu (2009), Walter Jon Williams traduit de l’anglais (américain) par Jean-Daniel Brèque, L’Atalante, février 2010, 416 pages, 21 €

 

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