Adultes

Eveil – Robert J. Sawyer

Sawyer.jpgPlusieurs fils narratifs courent dans ce roman, premier opus d’une série intitulée WWW, pour World Wide Web. L’histoire principale est celle de Caitlin, jeune américaine de quinze ans venue s’installer avec sa famille au Canada. Elle est aveugle de naissance. Elle utilise cependant sans problème Internet grâce à un matériel spécialisé. Elle reçoit un jour un mail d’un médecin japonais, Masayuki Kuroda, qui pense avoir trouvé un moyen de guérir son type de cécité particulier. Caitlin se rend donc au Japon avec sa mère, mais après l’opération, la jeune fille est toujours aveugle. Grâce au matériel implanté, elle est reliée à Internet via un matériel Wi-Fi et bientôt, elle se met à voir le Web sous forme de droites et de lumières.

Le récit consacré à Chobo, chimpanzé capable de communiquer en langue des signes, est moins important que celui de Caitlin. Le lecteur y suit divers membres de l’Institut Marcuse, en Californie, qui travaillent sur le langage des singes.

En Chine, dans la province du Shanxi, une épidémie menace de faire des ravages dans tout le pays. Pour l’endiguer, le gouvernement décide de tuer par gaz asphyxiants tous les habitants. Pour ne pas alerter l’opinion internationale, le web doit être bloqué. Sinanthrope, informaticien à l’Institut paléontologique de Pékin se rend compte qu’il y a un problème.

Et enfin, dernier personnage, ou plutôt « entité », une voix qui émerge du web et prend peu à peu conscience via Caitlin.

Car c’est bien l’émergence de la conscience qui lie entre elles ces différentes histoires. Grâce au matériel qui lui a été implanté, Caitlin perçoit des univers différents ; Chobo le singe se met à dessiner des personnages ; et l’entité accède au « je », à la conscience éveillée puis très rapidement, à l’intelligence.

Le roman démarre plutôt bien, en particulier porté par la piste chinoise et par la prise de parole de ce « je » mystérieux. Puis tout ça traîne un peu, la jeune Caitlin saisie dans son quotidien qui n’a rien d’exaltant ralentit la dynamique mise en place. Les passages sur le singe Chobo sont par ailleurs vraiment longs, entre conversations via Internet avec d’autres singes et relations aux membres de l’Institut.

L’idée de l’émergence du Web à la conscience est bien sûr séduisante, et totalement positive sous la plume de Robert Sawyer. C’est grâce à l’entraide entre différentes races et différents êtres vivants que cette utopie se réalisera, mais on peut cependant s’interroger sur son utilisation et son contrôle. Dommage donc que l’idée se noie dans des scènes inutiles. Le second tome promet d’être long…

WWW – 1 : éveil, Robert J. Sawyer traduit de l’anglais (canadien) par Patrick Dusoulier, Robert Laffont (Ailleurs & Demain), mars 2010, 403 pages, 21 €

A lire aussi :

Hypérion – Dan Simmons Hypérion fait partie de ces romans qui, en peu de temps, sont devenus des classiques de la SF. Il se doit donc d'être sur les rayons de votre biblioth...
Gonzo Lubitsch ou l’incroyable odyssée ̵... J'étais vraiment motivée, vraiment. Et ça partait vraiment bien, vraiment. Mais tant pis, je déclare forfait page 300 (sur 660 écrites en police 6) ...
La couleur de l’âme des anges – Sophie... La nouvelle collection jeunesse des éditions Robert Laffont s’appelle  « R » et s’adresse aux grands adolescents et jeunes adultes. Le titre phare de ...
L’ancre des rêves – Gaëlle Nohant Ils sont quatre frères, les fils d'Enogat. Depuis qu'ils sont en âge de se souvenir, les trois aînés font chaque nuit les mêmes rêves : Benoît, le lyc...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *