Jeunesse

Kinshasa – Jonas Lenn

Lenn.jpgKinshasa n’est pas un labrador comme les autres : génétiquement modifié, il fait équipe avec le sergent Rizetto de la police criminelle de New York. Ce spécimen hors du commun permet de traquer efficacement les malfaiteurs. Alors que débute le roman, Rizetto et Kinshasa sont justement sur la piste de trafiquants d’organes et découvrent le cadavre d’un journaliste qui enquêtait lui aussi. Ils se lancent sur les traces de l’assassin, mais Rizetto est tué par un de ses collègues de la brigade fluviale. Kinshasa ne peut rien pour son maître, il doit fuir à la nage dans l’eau gelée et se retrouve sur une île.

Il découvre que cette île est habitée par des enfants, sales, comme livrés à eux-mêmes, et pourtant mystérieusement alimentés. Il est recueilli au Château par un groupe de garçons, en guerre ouverte avec les filles de l’île, les Amazones. Mais au sein du groupe de garçons, des tensions existent aussi qui empêchent Kinshasa de leur faire comprendre qu’ils doivent quitter l’île, traverser pour rejoindre la civilisation, New York. Car les enfants croient qu’ailleurs, il n’y a plus rien, que tout à été détruit, les laissant à jamais seuls.

Jonas Lenn a eu une très bonne idée en donnant le rôle de personnage principal à un chien. Malgré toutes ses bizarreries qui le distinguent de nos simples clébards (il peut parler et s’échapper en esprit de son corps…), il est immédiatement sympathique et attachant. Ce héros pas comme les autres est tout de suite plongé au coeur d’une intrigue policière inquiétante et dangereuse, puis d’une micro société d’enfants sauvages menacés, manipulés et en conflit les uns avec les autres. L’ambiance sur cette île mystérieuse capte tout de suite l’intérêt, de même que le destin des enfants (que font-ils là, sont-ils utilisés à des fins de manipulations génétiques, de trafics d’organes…?) et bien sûr celui du cyber chien.

Tous les ingrédients de ce roman en font une réussite qui ne pourra que plaire aux jeunes lecteurs. C’est intelligent, bien construit, crédible, complexe mais pas trop. Pas de bons sentiments, même canins (le chien reste instinctivement un chien), et pas de tours de passe-passe invraisemblables pour sauver un personnage.

Un agréable moment de lecture pour jeunes amateurs de SF, et autres.

 

Jonas Lenn sur Mes Imaginaires

Kinshasa, Jonas Lenn, Mango (Autres Mondes n°55), juin 2010, 151 pages, 9 €

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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