BD/Mangas

King of Nekropolis – Zezelj

king-of-Nekropolis-couv.jpgTous ceux qui ont envie de lire quelque chose de fort, d’original et d’étrange en bande dessinée peuvent se pencher sur ce King of Nekropolis, qui ne sera cependant certainement pas au goût de tous. Danijel Zezelj est croate et son oeuvre est publiée depuis dix ans par la petite maison d’édition Mosquito, qui publie également l’excellent Battaglia (dont je vous conseille les Contes et récits fantastiques) et l’incroyable Prado (il faudra un jour que je fasse un billet sur Fragments de l’encyclopédie des dauphins… un jour…).
Je découvre Zezelj avec cet album aussi puissant qu’étrange. Le dessin en noir et blanc frappe d’entrée le lecteur. C’est étonnant, très sombre, on a parfois du mal à distinguer les formes, on scrute les visages, les expressions, les rues de la ville, violentes, les graffiti…

king-of-nekropolis-1.jpgLe noir et blanc plonge tout dans une infinité de contrastes entre ombres et lumières qui font planer le mystère, cachent le danger au même titre que les souvenirs qui ne se dévoilent que peu à peu. Souvenirs d’enfance, souvenirs de guerre, toujours la violence et la mort.

Ras, ancien soldat en Irak, « un talent inné de chien errant et de toxico » essaie de se reconvertir en détective privé. Il s’est taillé une certaine réputation en ville (entendez, à New York) où on le surnomme « le Furet fantastique », quelqu’un qui cherche et qui trouve. Débarque un jour le professeur Noah qui dit rechercher un vieil ami, le professeur Théobald Hall. Un type jadis célèbre puisqu’ingénieur informaticien et physicien, il a fondé le X  Lab, « autrefois le top dans le monde du numérique« , la pointe de la recherche sur l’interface homme-machine. Puis ses recherches ont été classées secret défense et l’homme a disparu.
Ras se met en chasse, tombe sur des flics pas bien compréhensifs et ressuscite quelques vieux fantômes tenaces.

Le scénario n’a pas grand-chose d’original, bien des pistes sont mêmes sous exploitées. Ce qui compte ici, c’est bien le graphisme surprenant.
king-of-nekropolis-2.jpgCertaines scènes sont très violentes, d’autres assez surréalistes, issues du cerveau intoxiqué de Ras. L’auteur destructure également l’agencement traditionnel des cases, se jouant des lignes et des formats. Ce qui donne un puissant sentiment d’étrangeté, de gâchis humain et de désespoir.

Une BD très surprenante par son graphisme, bien supérieur au scénario qui aurait mérité d’être plus approfondi.

Le site de l’auteur

King of Nekropolis, Danijel Zezelj, Mosquito, septembre 2009, 105 pages, 15 €

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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