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Homo Vampiris – Fabien Clavel

ClavelOui, encore un roman vampirique… A ceux qui s’étonneront ne mon acharnement à lire ce genre de textes alors que je n’en éprouve manifestement aucun goût, je répondrai que je fais mon devoir de juré, ah, c’est beau le professionnalisme…

Je reste me semble-t-il attentive, en tout cas curieuse de ce qui peut s’écrire dans le genre, soit par la nouveauté, la capacité de renouvellement, soit par l’habile maîtrise des canons. Rien de tout ça ici et j’abandonne ma lecture après deux cents pages. Parce qu’à plus de la moitié, je ne suis toujours rien à cette histoire tellement débridée que je ne sais ni où elle va ni quelles sont les motivations des protagonistes. Et à dire vrai, je n’ai pas envie de le savoir.

Plusieurs lieux et plusieurs personnages au départ, qui vont finir par se rejoindre, tous vampires depuis plus ou moins longtemps. Ils évoluent dans la seconde moitié du XXIe siècle, alors que le changement climatique a un peu plus désertifié ici et fait monter les eaux par là. Ashanti, Nemrod, Epone, Marcus, Nina, Fedora sillonnent le monde, de Paris à Moscou en passant par Berlin, Amsterdam, Pékin et le Kazakhstan. Pourquoi ? Je n’en ai absolument aucune idée, leurs motivations me restant assez obscures…Disons qu’ils forment une association vampirique, l’Ancolie, en lutte contre un groupuscule religieux, les Trois, issu de la réunion des trois grandes religions monothéistes qui font front contre les vampires. Mais où courent-ils, que font-ils, que veulent-ils ? Je ne sais… pas plus que je n’ai compris pourquoi l’Ancolie s’attaquait au régime tsariste en balançant des bombes à Moscou dans les années 1870.

Par contre, j’ai bien compris que l’auteur désirait donner une orientation résolument très sexuelle à son texte avec des scènes on ne peut plus explicites. L’ambiance est donc très chaude, et aussi très violente et cela de façon exagérée (j’entends, dans le but de choquer le lecteur ou de le faire s’exclamer devant la crudité et l’audace des descriptions. Pour faire court, c’est chargé). Ces deux ingrédients, alliés à une narration qui part dans tous les sens pour aller on ne sait où ont rapidement dilué mon attention, puis mon intérêt.

Il me semble que l’auteur en a mis trop dans trop peu de pages (pour une fois qu’un livre est trop court…). Du coup, l’aspect post apocalyptique n’est pas exploité et les événements s’enchaînent trop rapidement pour ne pas nuire à la cohérence générale. Les nombreuses coquilles (des mots oubliés en particulier) ne travaillent pas non plus dans le sens d’une meilleure compréhension globale.

Fabien Clavel sur Mes Imaginaires

Homo Vampiris, Fabien Clavel, Mnémos, novembre 2009, 289 pages, 20€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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