Jeunesse

Les fils de l’air – Johan Heliot

Les fils de l'air

La famille royale n’a pas été arrêtée à Varennes comme vous le croyez, non. Pour la bonne et simple raison qu’elle avait déjà fui la France depuis longtemps, direction les jeunes États-Unis d’Amérique. Uchronie, vous avez dit uchronie ? Oui, Johan Heliot imagine pour Les fils de l’air un monde alternatif, considérablement modifié par la fuite de Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Louis et Charlotte.

C’est grâce à un moyen de locomotion qui faisait alors ses débuts qu’ils ont pu échapper à Versailles assiégé. Mais l’auteur mise sur les charlières de Jacques Charles, et non sur les montgolfières des frères Montgolfier. Et les voilà partis vers Saint-Malo, accompagnés du sieur La Fayette qui ne sera pas de trop une fois arrivés à bon port. Grâce à un mousse peu farouche nommé Robert Surcouf, ils échappent à un traquenard et découvrent les terres encore sauvages d’Amérique. Cette jeune nation entreprenante va faire un chaleureux accueil aux charlières qui vont devenir un moyen de communication et de transport incomparable. Tandis que l’ennemi anglais mise sur le train, les jeunes États-Unis s’ouvrent avec succès la voie des airs. La jeune et intrépide Charlotte sera un des maîtres d’oeuvre de cette réussite qui bouleversera le cours de l’Histoire, y compris les plans d’un certain Napoléon.

Johan Heliot nous ficelle un petit roman d’aventures uchoniques facile et plaisant à lire. Les considérations historiques se font plus importantes dans le dernier tiers du livre, quand interviennent Napoléon, les Anglais et les Espagnols en Louisiane, mais la lecture reste aisée car les personnages sont les principaux ressort de l’action. Le réalisme psychologique n’est pas vraiment de mise au sein de cette surprenante famille royale, mais il ne s’agit bien sûr pas de faire oeuvre d’historien, bien plutôt de divertir en pervertissant l’Histoire et en imaginant des conséquences inattendues à une série d’événements bien connus. L’auteur n’oublie pas pour autant de faire réfléchir le jeune lecteur notamment sur l’esclavage et la condition des Indiens. Et l’histoire finit par déboucher sur une belle utopie d’égalité et de fraternité.

Une uchronie réussie, au rythme soutenu et à l’écriture agréable dans une collection qui lui est dédiée. Elle plaira aux jeunes curieux d’Histoire parallèle et d’aventures.

Johan Heliot sur Mes Imaginaires

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Les fils de l’air, Johan Heliot, Flammarion (Ukronie), mais 2009, 302 pages, 15 €

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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