Jeunesse

Le palais des mirages – Hervé Jubert

Jubert-1.jpgComment résister à la parution d’un nouveau roman d’Hervé Jubert ? Après les aventures de Blanche Paichain, nous voilà à nouveau plongés dans Paris, celui de l’Exposition universelle de 1900 cette fois. Et comme toujours, c’est d’ailleurs pour ça que je l’aime, c’est l’immersion totale dans un monde grouillant d’animation et de détails, jusque dans les activités quotidiennes des personnages.
Hervé Jubert maîtrise cette époque comme pas un. Ce qui pourra poser à certains lecteurs les mêmes problèmes que pour les précédents livres : vocabulaire inusité et contexte pas toujours maîtrisé (par le lecteur).
L’héroïne s’appelle Clara Charpentier, quinze ans, fille d’un électricien inventeur au génie farfelu. Il tient l’animation du Palais des mirages, où elle incarne une fée. Elle est d’entrée victime d’un sabotage et tombe du ciel électrique… dans les bras d’un beau Suédois, Lukas en provenance directe de l’université d’Upsal. D’autres accidents entachent l’Exposition et Lukas décide d’y voir plus clair, aidé, qu’il le veuille ou non, de Clara.  Les voilà sur les traces d’une bande d’illuminés russes, les Skoptsys qui appellent de leurs voeux la fin du monde. Il veulent pour cela faire sortir Loki de la fiole où il est enfermé, dieu de la guerre et des ténèbres de la mythologie nordique. Lukas est là pour les en empêcher et l’intrépide Clara pour le seconder.
Il ne manque, vous l’avez compris, ni d’action, ni d’étrangeté dans ce roman. Ce qui me passionne plus encore, c’est la précision avec laquelle Hervé Jubert restitue cette époque. Soit, je n’y étais pas, mais avec lui, c’est tout comme et pas de doute qu’il y a derrière un gros travail de documentation (notamment aux archives de la police comme il le dit dans l’interview ci-dessous). Toute la fantasmagorie et le foisonnement de cette Exposition nous sont restitués avec une vraisemblance qui emporte l’adhésion et ne rend que plus saisissant l’aspect fantastique de l’affaire. Tous les détails de l’expo sont véridiques (attentats anarchiques, trottoirs roulants, chorale d’Upsal…) et restitués sans lourdeur aucune, c’est épatant !

Côté personnages, Clara a quelque chose de Blanche (la détermination, l’intrépidité, la maturité) et le commissaire Cornette quelque chose de l’oncle Gaston. Mais Jubert se penche également sur les rapports difficiles des parents de Clara, nous entraînant même chez Robida, ce grand illustrateur, cher au steampunk grâce à ses illustrations aériennes de dames en crinoline, machines volantes et autres inventions en tout genre. Bref, les amateurs ne seront pas déçus.

Hervé Jubert sur Mes Imaginaires

Le palais des mirages, Hervé Jubert, Albin Michel (Wiz), février 2009, 357 pages, 13,50€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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