Essais

La science de Stephen King – Loïs Gresh & Robert Weinberg

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Le titre est trompeur : ce livre n’est pas uniquement destiné aux amateurs de Stephen King. Si les auteurs analysent effectivement son œuvre, celle-ci n’est que le point de départ d’une étude beaucoup plus générale sur des sujets chers à tous les auteurs de science-fiction et autres depuis qu’écrire existe.

Les thèmes abordés le sont par chapitre et sont très nombreux : les pouvoirs psychiques, l’intelligence artificielle, les extra-terrestres, la fin de l’humanité, les autres dimensions, les voyages dans le temps, les mondes parallèles…etc.

Je ne prendrai que l’exemple du chapitre trois car les autres sont construits de la même façon. En partant de Dreamcatcher et des Tommyknockers, les auteurs, après un résumé de ces deux livres, passent en revue toutes les théories existantes sur les ET, et ce depuis le Vèmesiècle avant J.C. Il y est question de l’équation de Drake « une formule assez simple de multiplication : N = R* x fp x ne x ft x fi x fc x L », (vous constaterez peut-être avec moi que la simplicité n’est pas un concept partagé par tous…), ainsi que du principe de la médiocrité. Puis ils exposent les principes de l’exobiologie et les recherches en matière de vie hors de notre planète. Viennent ensuite les aliens de fiction, aussi bien littéraires que cinématographiques ou télévisuels.

On va donc bien au-delà de l’œuvre de départ pour une analyse très poussée des différents phénomènes invoqués. Si vous êtes familier du rayon de Schwarzschild, de la télomérase et des loi de la gravitation de Newton (trop fastoche : F = G x (m1 x m2) / r2) tout ira bien. Sinon, il est possible que certains passages soient assez ardus…

On notera également que les références littéraires restent très axées sur l’âge d’or américain, alors que bon, en matière de physique quantique ou de théorie des cordes, nos auteurs de science-fiction contemporains ont quand même fait mieux depuis…

J’ai tendance à penser que les auteurs souhaitaient plus faire un bilan scientifique des thèmes majeurs de la science-fiction plutôt qu’une analyse des œuvres de Stephen King à travers le prisme de la science. Parce que finalement, son rayon c’est plutôt le fantastique et l’horreur.

Qu’il me soit permis de préciser que la traduction est d’un niveau plus que déplorable. Du mot à mot de l’anglais qui donne lieu à des phrases souvent bancales, parfois sans relation aucune avec la grammaire française. Deux exemples suffiront je pense : « Les camions essaient finalement des tentatives de communication » (p.50), « Il est intéressant de jeter un coup d’œil sur quoi sont fondés ces concepts pour voir s’ils ont une certaine valeur » (p.22). Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’use…

 

La science de Stephen King (2007), Loïs Gresh et Robert Weinberg traduits (?) de l’anglais par Colette Michel, Dunod, 2008, 265 pages, 22 €

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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