Jeunesse

The Graveyard Book – Neil Gaiman

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« There would be a child born who would walk the borderland between the living and the dead.« 

Ce garçon s’appelle Nobody Owens. Owens du nom de ses parents adoptifs, et Nobody parce qu’il n’est plus personne depuis cette sombre nuit où toute sa famille a été assassinée par the man Jack. Il a réussi à fuir, à gravir la colline pour se réfugier dans le cimetière. Il a un an et demi le petit Bod quand il franchit la porte du cimetière pour la première fois et il va apprendre ce que nous ne saurons jamais, voir ce qu’il y a au-delà, et parler avec les morts, ses uniques amis désormais.
Et ces amis-là, vraiment, ils sont bien plus excitants que ceux du monde des vivants : toutes les époques, nationalités, tous les métiers, tous les parlers se rencontrent dans ce coin de terre si vivant. Le docteur Trefusis, Caius Pompeius, Nehemiah Trot, le poète… mais il a des ennemis : Abanazer Bolger (bien vivant antiquaire), Victor Hugo et ses comparses goules, Nick Farthing et Mo Quilling, camarades de classe bien vivants eux aussi, à vous dégoûter de l’école… Pour le protéger il y a Silas son gardien, étrange créature ni morte ni vivante, Miss Lupescu qui n’est pas exactement la dame sévère à laquelle elle ressemble, Liza la sorcière et Scarlett, jeune fille bien vivante. Une galerie de personnages très éclectiques et originaux, qui ne dévoilent leur personnalité que peu à peu.
Grâce à eux, Bod apprend à voir dans le noir, à disparaître, à entrer dans les rêves… Il acquiert toutes les capacités des morts tout en restant vivant. Mais il doit aussi apprendre à se méfier car the man Jack est toujours sur ses traces, lui et ses alliés veulent finir le travail inachevé par la fuite de Bod.

Après une scène d’ouverture terrifiante et totalement réussie, Gaiman nous balade du monde des morts à celui des vivants sans effet gore ni tendance morbide. Au contraire, tout est empreint de tendresse et de nostalgie dans ce roman où la tristesse domine. C’est que Bod a une vie à vivre, celle des vivants, pleine de promesses et de possibles :

‘Face your life

Its pain, its pleasure,

Leave no path untaken’

C’est un conte initiatique pour petits et grands que nous propose là Neil Gaiman, à la mesure de celui qui l’a inspiré, The Jungle Book. Mais c’est magique et sombre, très en harmonie avec l’univers du Noël de mister Jack et des Noces Funèbres. Cimetière, brumes, portes dérobées : c’est gothique à souhait ! Et cerise sur le gâteau : ce livre va être adapté par Neil Jordan (La Compagnie des loups, Entretien avec un vampire) : what a good news !

Mon exemplaire est illustré par son comparse Dave McKean, mais la version pour enfants l’est  par Chris Riddell (illustrateur des Chroniques du Bout du Monde de Paul Stewart). Je ne sais pas ce qu’il en sera pour l’édition française prévue ce mois-ci.

Neil Gaiman sur Mes Imaginaires

The Graveyard Book, Neil Gaiman, Bloombury, 2008, 312 pages

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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