Jeunesse

Coraline – Neil Gaiman

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En voyant le trailer du prochain film de Henry Selick (L’étrange Noël de Mr Jack) , j’ai eu très envie de relire ce livre, malgré le souvenir toujours très vif de ma première lecture, en 2003.

Coraline est une petite fille comme les autres, qui vient d’emménager dans un nouvel appartement. Ses parents sont occupés, elle s’ennuie, malgré les voisines du dessous, excentriques vieilles actrices et celui du dessus avec ses souris savantes. Désoeuvrée,elle erre dans l’appartement, puis ouvre la porte du mur. Alors qu’il n’y avait qu’un mur derrière cette porte quand elle l’a ouverte avec sa mère, Coraline découvre un couloir qu’elle emprunte aussitôt pour se retrouver dans une copie quasi conforme de son logement. Mêmes meubles, mêmes pièces, mêmes parents… sauf que ces deux-là ont des boutons de chemise à la place des yeux et qu’ils sont très attentifs envers elle.

Elle rentre chez elle et ses parents ne sont plus là. Une journée passe, une nuit et une journée encore : elle est toute seule, ses parents ont disparu. Elle comprend bientôt qu’ils sont retenus prisonniers par ses autres parents, ceux d’au-delà du mur, tout comme ces enfants sans âme enfermés dans un placard. C’est que cet autre monde a été créé de toute pièce par l’autre mère qui n’est pas précisément amour et tendresse.

« C’était vrai : cette femme l’aimait. Mais elle l’aimait comme l’avare aime l’argent, comme le dragon couve son or. Aux yeux-boutons de l’autre mère, elle n’était qu’un bien matériel. Elle le savait très bien. Un petit animal domestique qu’on tolère mais qui, en raison de son comportement, a cessé d’être amusant. »

Inquiétant, angoissant, sombre mais aussi onirique et fabuleux, ce premier roman jeunesse de Neil Gaiman fut un coup de maître (le prochain arrive bientôt !). Cette petite Coraline pleine de bon sens, qui a enfin trouvé des parents attentifs, va comprendre que le monde tel qu’elle le voudrait n’est pas un monde idéal. Que sous les apparences d’un univers fait pour elle, les cafards remplacent bientôt le chocolat chaud en guise de goûter. Caves obscures, ombres menaçantes, créatures de cauchemar, tout y est ! « Be careful what you wish ! » clament les affiches du film : de l’autre côté du monde, l’autre réalité peut être terrifiante.

En relisant ce livre, je voyais les images formidables du film Mirror Mask, du comparse de Neil Gaiman (ici scénariste), Dave McKean, jamais distribué en France mais disponible en DVD : un conte de fée très sombre mais absolument magnifique où grouillent les créatures étranges.

Coraline (2002), Neil Gaiman traduit de l’anglais par Hélène Collon, Albin Michel (Wiz), 2003, 152 pages, 10€

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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