Jeunesse

La fin du monde – Fabrice Colin

ColinLe monde, dans quelques années. Jim est Américain, Xian Chinois, Hafsa vit au Caire et François à Paris. Seuls Jim et François se connaissent mais les destins de ces quatre jeunes gens vont se trouver pris dans la tourmente de la fin du monde. Destins particuliers, destins symboliques : ils ont en commun d’être jeunes et intelligents, de regarder le monde comme il va, de s’interroger, tout en vivant leur vie d’adolescents.

Page 41, la première bombe atomique explose sur San Francisco, envoyée par les Chinois. Suivie de bien d’autres, dans les deux sens. Des morts par milliers, puis par millions. D’où ils se trouvent, les quatre jeunes gens affrontent les événements, prenant conscience de la vie et du risque encouru par la race humaine. Ils cherchent à se sauver bien sûr, plus ou moins rationnellement, certains y parviendront, d’autres pas…
Car ce n’est pas un message d’optimiste à tous les étages que cherche à transmettre Fabrice Colin (peut-être le tome 2 annoncé sera-t-il moins noir ?). Pour prévenir les critiques, il prend la peine dans une postface de préciser à quel point l’humanité n’a jamais été aussi près d’un possible anéantissement atomique. Un exemple marquant : l’horloge de la fin du monde, « horloge conceptuelle créée par les directeurs du Bulletin des scientifiques atomiques basé à l’université de Chicago, et sur laquelle minuit représente la fin du monde. Régulièrement mise à jour depuis 1947, l’horloge indique aujourd’hui minuit moins cinq (11 : 55), soit son plus au niveau depuis 1984 ». Si vous frissonnez déjà, inutile de lire ce livre qui n’épargne pas le lecteur : mort, souffrance, pillage, violence… nul espoir à l’horizon si ce n’est une base au Grœnland, un abri anti-atomique vers lequel les héros tentent de converger.

Un livre coup de poing dans lequel on entre immédiatement, qui saisit le lecteur par l’immensité de ses enjeux et la crainte inévitable qu’il fait naître : « Combien de temps avant que ce livre ne soit plus de la science-fiction ? ».

De Fabrice Colin sur Mes Imaginaires

La fin du monde, Fabrice Colin, Mango Jeunesse (Autres Mondes n°51), janvier 2009, 190 pages, 9€

A lire aussi :

Soul Breakers – Christophe Lambert 1936 : les Gentliz sont en route pour la Californie, car il paraît qu'il y a du travail là-bas. Après avoir perdu sa femme, sa maison et ses terres, J...
Les sonneurs noirs – Jean-Pierre Hubert "Après la grande catastrophe écologique et climatique qui faillit anéantir l'humanité, seules dix-huit technopoles sur la planète réussissent à éviter...
Alpha clone – Paul Thiès Paul Thiès nous emmène dans une société du futur où chaque être humain de la caste supérieure des Alphas a son clone. Considérés comme des déchets, ...
Les Porteurs / 1 : Matt – C. Kueva Dans le monde désenchanté des avenirs dystopiques, voici venir C. Kueva avec le premier tome d'une trilogie intitulée Les Porteurs. Comme souvent dans...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *