Jeunesse

La couleur de la peur – Malorie Blackman

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Kyle est dans le train avec sa classe pour une sortie théâtre quand l’accident survient : le train déraille. Le jeune garçon est le premier à retrouver ses esprits. Sain et sauf, il ressent pourtant d’étranges tiraillements et bientôt des voix dans son crane. Des images s’imposent à lui et il comprend qu’il partage les cauchemars des blessés du compartiment, camarades de classe ou inconnus. Ces cauchemars concernent parfois le passé des protagonistes, leur avenir, ou bien un monde totalement différent du nôtre, où par exemple, des hommes fabriquent des instruments de musique en peau d’humain.

Globalement, tous ces cauchemars sont assez réussis, donc effrayants, certains de facture classique et d’autres carrément originaux. Le cauchemar du jeune soldat est psychologiquement atroce et celui des jumeaux pas loin d’être insupportable. Mais pas de violence, pas de giclées de sang ou autre arsenal gore, non. Au contraire, Malorie Blackman installe une terreur psychologique qui m’a parfois fait penser aux meilleurs épisodes de The Twilight Zone. En particulier celui de la grand-mère et de ses charmants petits-enfants.

Le récit de ces cauchemars est d’autant plus pertinent qu’ils sont issus de la propre expérience de l’auteur, comme elle l’écrit en postface, et qu’elle a su les relier grâce à l’histoire personnelle du jeune Kyle.

La couleur de la peur (2007), Malorie Blackman traduite de l’anglais par Amélie Sarn, Milan (Macadam), 4eme trimestre 2008, 314 pages, 10,50 €

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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