Adultes

Le temps n’est rien – Audrey Niffenegger

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Henry souffre d’une maladie génétique rare, la chronodéficience. Résultat, il voyage dans le temps, bien contre son gré et sans guère de logique. Il peut même lui arriver de se rencontrer, à des âges différents bien sûr. A l’âge de trente ans et des poussières, il rencontre Claire qu’il va épouser quand elle aura vingt ans. Mais il fait sa connaissance quand elle a six ans, lui rend visite de temps en temps alors qu’il a lui-même vingt ans, trente ans…etc.

Et c’est tout, rigoureusement tout. Alors sur 521 pages, ça fait un peu long… Tant qu’elle n’est pas majeure, il lui dit d’attendre, après ils se marient, puis essaient d’avoir un enfant (c’est compliqué à cause de la maladie d’Henry), il apparaît, disparaît, réapparaît (toujours à poil, il faut s’organiser pour les vêtements) et voilà. Elle attend, elle est patiente, elle l’aime, elle attend. Une Pénélope de plus. Moi ça m’ennuie, je n’ai pas pleuré une seconde, même pas frémi, juste soupiré de nombreuses fois.

En plus, la construction est ennuyeuse au possible (le point de vue de Claire, celui d’Henry à des âges différents, au bout d’un moment j’étais larguée, mais inattentive il est vrai), et certaines scènes se répètent plusieurs fois sans que cela apporte quelque chose à l’intrigue. L’intrigue ? Eh bien je serais bien en peine de la définir, à part l’attente d’une brave épouse (le titre original est The Time Traveler’s Wife) qui passe son temps à espérer un type qui lui a la chance de brûler sa vie par plusieurs bouts. Parce que dans ses autres vies, il est buveur, baiseur et joueur (mais ça n’est pas raconté, juste suggéré, alors que ça aurait pu être intéressant).

 

Si je suis allée jusqu’au bout de ce pavé insipide, c’est que je n’avais, pendant deux jours rigoureusement rien d’autre à me mettre sous les yeux et beaucoup de temps pour lire. Mais vous aurez compris que je ne vous le conseille pas.

 

Le temps n’est rien (2003), Audrey Niffenegger traduite de l’anglais (américain) par Nathalie Besse et Jean-Pascal Bernard, J’ai Lu, avril 2006, 521 pages, 8,90 €

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