Troie / 1 – David Gemmell


Gemmell-2.jpgAprès Dan Simmons et son Illium, c’est au tour du Britannique David Gemmell de revisiter la guerre de Troie. Ce premier tome est une (longue) mise en place des personnages que nous connaissons tous mais vus sous un autre angle, plus quotidien qu’héroïque parfois, au sens où nous les côtoyons dans les replis de l’Histoire.

Le vrai héros s’appelle ici Hélicon, jeune, beau, fort, honnête, droit dans ses sandales (rien à voir avec Boby Lapointe !). Mais forcement, il a un lourd passé derrière son masque imperturbable. Il est en fait le fils d’Anchise et son vrai nom est Énée mais il ne veut pas qu’on l’appelle comme ça parce que ça lui rappelle sa maman qui est morte tragiquement à cause de son père qu’est vraiment qu’un salaud. Oui d’accord, c’est un résumé un peu simpliste, mais il y a de ça. Le vaillant Énée a renoncé à son trône et à son nom pour partir se forger le caractère avec Ulysse, mais il a fâché Agamemnon qui veut sa mort et envoie des tueurs à ses trousses. Pas un chapitre sans qu’il échappe à une tentative d’assassinat. Mais comme le roi de Mycènes fait exprès de lui envoyer rien que des bras cassés, il s’en sort toujours ! Tenez, prenez par exemple Argurios, il aurait fait un bon assassin, jeune, malin, haineux. Mais le voilà pris dans une histoire d’honneur et de principes qui ne font qu’attiser sa haine et reculer sa vengeance. Une autre qui rumine c’est Andromaque, promise à Hector fils du vieil arrogant et libidineux Priam. Ça c’est une femme qui ne s’en laisse pas compter, elle a du caractère, même si on sent venir les histoires d’amour à gros sabots.

Pour moi, Gemmell reste convaincant dans ses scènes de batailles, sur mer ou sur terre, dans les combats, mais tout ce qui relève des personnages me semble toujours très succinct et prévisible. Je trouve toujours ses héros trop chargés et cette impression est encore accentuée par le fait qu’il s’agit de figures déjà connues. Je n’arrive pas à croire à ce brave Ulysse, confident de tous, moche et compréhensif, qui manierait la psychologie comme d’autres la truelle.

On reconnaîtra cependant que Gemmell sait insuffler à son récit le souffle épique dont un mythe d’une telle ampleur a besoin. Le destin, la haine, la vengeance, le sort de milliers d’âmes et bien sûr l’amou-ou-ou-r : tout est là quand on veut bien se laisser emporter. Mais il va falloir être patient car la guerre de Troie n’est pas pour demain, vu que Ménélas et Hélène ne sont pas encore mariés et que Pâris est enfermé dans sa bibliothèque (non, non, il ne folâtre pas avec les déesses !).

Je retrouve donc dans ce nouveau cycle très mythologique et pas du tout fantasy (pas de magie), les mêmes défauts et qualités qu’au cycle mythologique précédent du Lion de Macédoine où Gemmell mettait en scène Alexandre le Grand. Toujours le même procédé : approcher les héros mythiques connus par des personnages de son cru qui gagnent leurs lettres de noblesse à leurs côtés. Et on comprend pourquoi ce terreau antique plaisait tant à cet écrivain qui y trouvait le matériau nécessaire à ses récits grandioses : héros tourmentés, destins inéluctablement enchevêtrés aux fils de l’Histoire, haines recuites et soifs de vengeance. Tout pour faire de l’épique, du musclé… du Gemmell.

Les fans ne seront donc pas déçus, les autres…

David Gemmell sur Mes Imaginaires

Troie / 1 : le seigneur de l’arc d’argent, David Gemmell traduit de l’anglais par Rosalie Guillaume, Bragelonne, février 2008, 447 pages, 28€ (pour l’édition reliée)
A noter que la page d’entête porte la mention « traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Rosalie Guillaume » !!

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