Les éveillés – Jérôme Camut & Nathalie Hug


Les éveillésJérôme Camut pour moi, c’est Malhorne, grâce au premier tome paru il y a quelques années au Serpent à Plume, j’avais rencontré l’auteur pour une interview. Depuis, il y a eu Bragelonne, Nathalie Hug et une trilogie dont deux tomes sont parus aux éditions Télémaque. Malhorne m’avait plus qu’enthousiasmée, aussi j’ai eu envie de retrouver l’auteur, histoire de me faire plaisir… Malheureusement, le charme n’opère plus. Alors je suis bien sûr d’autant plus déçue que je m’attendais à lire un bon thriller.

Résumons d’abord la situation : Elise Lamy Saint-Genès est infirmière, elle travaille auprès des malades dans le coma et semble avoir un don pour les en faire sortir. Stanislas Opalikha est un de ceux qu’elle a fait revenir, mais manque de bol, c’est un tueur en série qui va la kidnapper, l’enfermer dans un bunker et tenter de lui faire avouer comment elle l’a sorti du coma. Salah Tounsi aussi a été ramenée à la conscience par Elise et elle aussi va chercher à savoir comment et par qui, mais par des méthodes beaucoup moins violentes : la jeune infirmière porte autour du cou un pendentif gravé d’un triangle inversé qui se trouve également représenté sur les armoiries d’une grande famille française qui trouva jadis un maccabée dans son jardin. Il y a aussi Pierre Delcroix qui découvre qu’il n’est pas le fils de sa mère, plongée dans le coma, mais peut-être le frère d’Elise, et souffre de terribles migraines engendrant des hallucinations… hallucinantes : il voit Elise, son pendentif, un taureau, et même Stanislas en train d’enlever une gosse. Il y a aussi des enquêteurs officiels chargés de travailler sur la disparition d’Elise.

Dès le départ, le style ne me plaît pas, qui joue dans le mélo tragique et les clichés (Ah, le serial killer au pénis de trois centimètres !). Ce sont ensuite des raccourcis faciles qui me gênent (c’est vraiment épatant quand votre subconscient vous donne un indice !) puis une atmosphère ésotérique, un peu new age avec hallucinations communes, êtres de lumière, communion avec les arbres et les oiseaux.

Du coup, mon attention s’effrite et l’intrigue me semble de plus en plus confuse. Tout ce monde-là souffre d’insomnie mais moi, l’endormissement me guette. Car l’aspect scientifique ne m’a pas plus intéressée que l’intrigue. Les auteurs s’inspirent des travaux de Michel Jouvet sur le sommeil paradoxal, qui fait du rêve un troisième état du cerveau et de nos songes un élément formateur de notre personnalité. Transposé dans un roman fantastique, ça pourrait être passionnant. Mais il me semble que les auteurs ont voulu tisser une trame beaucoup trop dense et que le scientifique se dilue dans un propos qui frole l’ésotérisme à deux balles.

Pourtant, aux alentours de la page 120, l’enquête commence vraiment et le roman adopte un rythme plus soutenu : Stanislas se met à égorger, torturer… un peu d’action en somme. Mais mais mais, il n’y a en fait pas d’enquête vu que le lecteur sait très bien ce qui s’est passé et qu’à voir les enquêteurs piétiner, ils passent vraiment pour des billes : ce qu’ils découvrent, on le sait déjà depuis longtemps et je trouve même qu’ils mettent vraiment longtemps à faire certains rapports évidents (à partir du moment où ils savent que le meurtrier a travaillé dans le BTP, c’est quand même pas difficile de faire le rapport avec les anciens comateux de la clinique, non ?). L’enquête de Salah sur les traces des ancêtres d’Elise relèvent l’intérêt, surtout quand elle découvre une mystérieuse grotte pleine de squelettes. Il était cependant trop tard pour moi ; j’aurais peut-être dû persévérer, mais le sort des différents personnages m’étant également indifférent, j’ai jeté l’éponge page 273.

Jérôme Camut sur Mes Imaginaires

Les éveillés, Jérôme Camut & Nathalie Hug, Calmann-Lévy, mars 2008, 415 pages, 18,90€

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