Jeunesse

Les Chroniques de Pont-aux-Rats / 1 – Alan Snow

Alan SnowArthur est un garçon pas comme les autres. D’abord, il a une drôle de dégaine : bonnet-casque à antennes, long gilet de tricot en grosse corde, combinaison en toile à sac, les pieds emmaillotés de chiffons et de ficelle. En plus de ça, il vit sous terre avec son Bon-papa. On le cueille lors de l’une de ses sorties dans les rues de Pont-aux-Rats pour récupérer à manger. Mais seulement dans les grands lopins bien garnis : il ne s’agit pas de voler les pauvres…

 

Arthur surprend alors une chasse au fromage, totalement interdite. Poursuivi par l’infâme Grapnard, il parvient à se réfugier chez sir Willbury Chipott, ancien avocat, mais pas à garder ses ailes sur lesquelles le Baron du Fromage a fait main basse.
Willbury Chipott, ses bricoliaux et son choutrogne tentent d’aider Arthur à retourner en bas, chez Bon-papa, mais ils constatent que toutes les issues ont été bouchées : bizarre… Encore plus bizarre : quand ils vont demander de l’aide à Mélanie l’inventeuse, ils apprennent qu’elle s’est fait voler sa dernière invention révolutionnaire (une redimensionneuse mais ne le dites à personne car on ne l’apprend que plus tard). Tout ça sent vraiment le fromage, vraiment…
Même si vous n’avez plus dix ans depuis quelques temps déjà, il est bien possible que vous preniez du plaisir à lire les aventures d’Arthur. La ville créée par Alan Snow est vraiment très originale et inventive, de même que ses personnages hors du commun comme les bricoliaux ou les vaches aquatiques. Et tout ce beau monde est menacé par les plans machiavéliques de l’affreux Grapnard, jadis patron du Castel Fromager, revenu avec ses troupes pour se venger sur les habitants d’avoir tout perdu lorsque les fromages ont été jugés impropres à la consommation à cause de la pollution.
Tout ça ne manque en plus ni d’humour ni de dynamisme. Mais la cerise sur le gâteau, ce sont les illustrations de l’auteur lui-même qui rendent encore plus attachants tous ces personnages hauts en couleur. Le style me fait penser à Pef. Malheureusement, il n’y a pas d’illustrations disponibles sur le web et il va falloir que vous me croyiez sur parole : les dessins sont vraiment très drôles, dans le style naïf et hurluberlu, crayonnés en noir et blanc. Il y en a au moins un par page, c’est dire leur importance.
J’ai retrouvé ici le style inventif et poétique de Tobie Lolness sur le mode plus citadin d’un Oliver Twist. Très réjouissant (mais peut-être un peu cher…).

 


Les Chroniques de Pont-aux-Rats – 1 : au bonheur des monstres (2005), Alan Snow traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo, Nathan, mars 2008, 544 pages, 19,50 €

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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