Blade runner – Philip K. Dick


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Les Etats-Unis après la guerre mondiale Terminus. L’air est encore chargé de ces particules radioactives qui ont tué les animaux, caché le soleil et engendré des mutations. Le monde tout entier tend vers la bistouille… Bon nombre d’humains ont émigré vers les colonies de l’espace, accompagnés d’androïdes pour leur faciliter la vie ; ceux qui sont restés sur Terre sont constamment menacés par l’air ambiant de devenir des « spéciaux », des dégénérés comme John Isidore, le débile capable cependant de sentiments même envers les androïdes. Car il y a des androïdes sur Terre et c’est le boulot des blade runners de les réformer, c’est-à-dire de les tuer.

Rick Deckard est un blade runner chargé de retrouver les six derniers androïdes qui ont fui Mars, mais pas n’importe lesquels : ce sont des Nexus-6, des androïdes extrêmement intelligents. On ne les distingue des êtres humains qu’en leur faisant passer des tests, basés sur des questions qui mesurent leur capacité d’empathie. Car les androïdes n’éprouvent aucun sentiment d’amitié, d’affection ou d’estime pour qui que ce soit. Mais Rick Deckard serait-il capable d’aimer sans cette société qui quasiment l’y oblige ? Pris de doutes, il se demande si son collègue ne serait pas, lui aussi, un androïde… et cette trop belle cantatrice, est-elle vraiment une androïde ? Et s’il cède aux charmes trop humains de Rachel, la Nexus-6 fabriquée en série, sera-t-il encore capable de réformer des androïdes ?

A travers John Isidore, le lecteur s’interroge : y a-t-il une limite infranchissable entre humains, androïdes et spéciaux ? L’Autre, le différent est-il un ennemi à parquer ou à tuer ? Dans un monde en déréliction, la religion et les castes doivent-elles encore s’imposer ? Dans cette société hiérarchisée et codifiée, Rick Deckard ne trouve pas sa place. Il devra faire sa traversée du désert pour envisager d’en reprendre une, une place dans le jeu joué d’avance qu’est sa vie. Un roman fort et pessimiste, adapté en 1982 par Ridley Scott avec Harrison Ford dans le rôle de Rick Deckard.

Philip K. Dick sur Mes Imaginaires

 

Blade Runner (1968), Philip K. Dick, traduit de l’anglais (américain) par Serge Quadruppani, J’ai Lu, 2002, 250 pages, 5,50€

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