Adultes

La nuit du minotaure – Paul Halter

Paul HalterComme vous le savez certainement, nous vivons au milieu de monstres tous plus repoussants les uns que les autres : vampires, loups-garous, golem, Léviathan… Heureusement, pour nous en débarrasser, il y a le Club Van Helsing. Sur un simple coup de fil, on vous envoie un chasseur de monstres.

« Un monstre, un chasseur, à chaque fois un match arbitré par l’un des plus fameux auteurs français du polar ou de l’imaginaire« .
C’est sur ce concept simple que les éditions Baleine ont démarré une nouvelle collection dont la deuxième saison vient de commencer. Avec ce concept, des auteurs construisent leur histoire, dans l’univers de leur choix. Ils viennent du polar ou du fantastique, ils sont tous Français et ont donné jusqu’à présent du pire et du meilleur d’après les échos que j’ai pu en avoir sur le Net. Il fallait donc que je me fasse ma propre idée, et que je tombe sur La nuit du minotaure de Paul Halter qui, nous dit la jaquette, « excelle dans les romans d’énigmes policières et de crimes impossibles« . Avec une quarantaine d’ouvrages à son actif, je ne pouvais pas manquer de tirer le bon numéro.
Eh bien voilà… pas tout à fait.
Résumons : lors d’une randonnée en Crète, une femme découvre des inscriptions très anciennes concernant le mythique minotaure qu’elle recopie dans un carnet. La malheureuse meurt d’une malencontreuse chute peu après. Quelques semaines plus tard, débute dans la région de Strasbourg une série de meurtres très sanglants. Et étrange au point de titiller le flair d’Hugo Van Helsing qui envoie sur les lieux un de ses fins limiers : Roland Bayard (l’inspecteur Bayard !). « C’était un gaillard d’une quarantaine d’année, d’allure sportive et de taille moyenne. Encadré d’une épaisse chevelure marron à peine striée de gris, son visage sans trait dominant était celui d’un homme serein et détendu« . Bon, avec lui, ça ne va pas traîner, se dit-on. Et effectivement, ça ne traîne pas, tout s’enchaîne parfaitement, à tel point qu’avant le troisième chapitre, pas besoin d’être Sherlock Holmes pour avoir deviné la fin. Parce que ce petit malin, il a compris ce que la police ne comprend pas (ben tiens pardi, sont trop bêtes) et qu’on a deviné puisqu’il court après un monstre l’inspecteur Bayard : l’assassin, c’est le minotaure. Et il est revenu parmi nous à cause des inscriptions. Bon c’est vrai, j’exagère parce que je vous dévoile tout, mais bon, je vous assure, le niveau du suspense est à peu près égal à zéro.
Si vous voulez mon avis, c’est un peu rédhibitoire… Parce que comme on n’a pas peur non plus, il ne reste plus grand chose… Ah si, le prix : 9,90 euros pour 190 pages petit format, c’est cher payer.


La nuit du minotaure, Paul Halter, Baleine (Club Van Helsing), mars 2008, 190 pages, 9,90 €

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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