Adultes

La Tour sombre / 1 – Stephen King

Stephen King« L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero le suivait. » Dans cette première ligne, voilà toute l’intrigue d’un volume qui ouvre un cycle important dans la carrière de son célèbre auteur. L’écriture s’étend de 1970 à 2003 et les premiers volumes ont subi des réécritures, comme King l’explique dans ses préfaces. Le premier volume de ce grand œuvre laissera certainement perplexes une partie des amateurs car le récit est très morcelé, kaléidoscope de souvenirs, d’époques et de personnages. Roland Deschain est le pistolero. Fils de Steven, descendant du roi d’Eld et de Gabrielle Verriss, fille d’Alan. Il a reçu l’éducation stricte des pistoleros et à travers certains souvenirs d’enfance qui reviennent à sa mémoire, le lecteur découvre son ami Bert, son faucon David, son maître instructeur Cort et Hax le cuisinier traître pendu pour complot avec l’Homme de Bien, qui n’est autre que Marten, le conseiller des pistoleros. C’est quand la terre tomba aux mains de l’Homme de Bien qu’il y eut une révolution et que le monde changea (quelle révolution ? Mystère…).

Au moment où commence le récit, le pistolero marche depuis longtemps sur la terre dévastée, aux trousses de l’homme en noir qui doit lui dire un secret lui permettant d’accéder à la Tour sombre. Il marche dans un temps où les gens chantent « Hey Jude » dans les rues désertes, mais ne savent pas ce qu’est le LSD (doivent pas connaître tout le répertoire des Beatles…). Jake lui sait très bien ce que c’est, vu qu’il vient d’un temps où la télé, l’école et les supermarchés existaient. Plus certain encore, il a été écrasé par une voiture dans les rues de New York avant d’atterrir dans ce désert perdu où il rencontre le pistolero.
« Il est arrivé quelque chose au temps. Il ramollit. »

Au lecteur donc de reconstituer le puzzle narratif avec les quelques éléments évoqués ça et là. Du coup la lecture n’est pas immédiatement passionnante : on est un peu perdu avec pas grand chose pour se rattraper. King s’applique surtout à créer un personnage ambigu et une ambiance originale, et y parvient encore une fois, bien sûr. C’est aux westerns de Sergio Leone que l’on pense tout de suite, en particulier Le Bon, la Brute et le Truand avec ses taiseux, son soleil écrasant, ses déserts et ses vengeances larvées. Le chapeau, les yeux plissés, le gun sensible : tout y est, manque plus que la petite musique…
Je reste donc sur ma faim avec ce court premier tome, mais le goût y est et l’envie de continuer l’emportera sous peu.

De Stephen King sur Mes Imaginaires 

La Tour sombre – 1 : le pistolero (1982-2003), Stephen King traduit de l’anglais (américain) par Marie de Prémonville, J’ai Lu, 2004, 254 pages, 15€

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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