Adultes

Hordes / 1 – Laurent Genefort

Laurent GenefortComment se porte la science-fiction française ? Mal, voire très mal. Ses meilleurs auteurs sont donc contraints d’écrire de la fantasy s’ils veulent continuer à être publiés. Tel Laurent Genefort, au brillant cycle d’Omale. Adieu donc Chiles, Hodgqinds et autres rehs et bienvenue les mercenaires musclés aux pouvoirs surnaturels et assoiffés de guerres. Délaissant également l’univers d’Alaet, c’est vers la fantasy guerrière chère à David Gemmell que se tourne ce nouveau cycle : le maître n’étant plus, ses successeurs peuvent s’avancer. Pour finir sur les influences, celle de Glen Cook et de sa Compagnie noire paraît également s’imposer. Alors comment s’en sort la France face aux Anglo-Saxons ? Eh bien plutôt pas mal, cher lecteur. Laurent Genefort a choisi de ne pas faire dans l’originalité et de suivre les codes du genre. Il met en scène une société médiévale où les seigneurs s’affrontent pour le moindre lopin de terre. Pour ne pas y laisser des plumes et des soldats, ils engagent des hordes qu’ils payent grassement pour les représenter.

Mais ces mercenaires n’en sont pas moins la lie de l’humanité à laquelle personne ne se frotte. La horde du Serpent a des décennies d’existence, peut-être des siècles qui sait, la mémoire des hommes ne remonte pas si loin. Elle se bat pour un seigneur ou pour un autre, pour le plus offrant. A sa tête Audric, redouté capitaine qui grâce à un brassard d’acier articulé peut venir à bout de n’importe quel ennemi. Autrement appelé le fléau du démon, ce brassard n’est pas un don du ciel mais le résultat d’un pacte démoniaque. Ce capitaine n’en reste pas moins homme, capable de sentiments puisqu’il sauve le très jeune Marween des assauts douloureux de deux mercenaires en rut. A-t-il bien fait ? En grandissant, Marween devient un très bon guerrier et un fin tacticien qui permet à sa horde de remporter plusieurs fois la victoire. Mais il est coléreux et ambitieux, très ambitieux. Pourtant quand l’augure Umiade prévient Audric que les nuages noirs s’accumulent à l’horizon, il fait la sourde oreille et accepte la mission du duc Coresh : récupérer une jeune fille très convoitée, l’augure Solenn qui ne se contente pas de prédire l’avenir, elle peut le modifier.

La véritable intrigue, celle de la mission Solenn commence à la page 146. Avant, se déroulent quatre années de la horde du Serpent qui passe d’une mission à une autre. Le lecteur suit l’évolution de Marween, le jeune héros, sans que le récit soit focalisé sur lui. Le capitaine Audric est vraiment au centre de ce premier tome bien qu’on ne sache que tard comment il a acquis son bras maléfique. Il est droit dans ses bottes : pas de pillage, pas de morts inutiles chez les civils. Nous assistons donc à de nombreux combats, à des sièges, à des querelles entre mercenaires. Beaucoup de trahisons, un peu de sexe, une belle malédiction et des monstres tentaculaires : ces ingrédients, alliés un sens certain de la narration et des coups de théâtre, feront passer aux amateurs de fantasy musclée un bon moment.

 Laurent Genefort sur Mes Imaginaires

Hordes – 1 : l’ascension du Serpent, Laurent Genefort, Bragelonne, septembre 2007, 329 pages, 17€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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