Adultes

Le Livre des mots / 2 – Julie V Jones

J V JonesCe deuxième volume tient les promesses du premier : les intrigues se compliquent, les personnages gardent tout leur intérêt et le mystère s’épaissit autour du jeune Jack. Deux fils narratifs vont avancer séparément car Jack et Melli sont rapidement séparés. Elle est vendue à un marchand d’esclaves qui cherche à en tirer le meilleur profit tout en se doutant qu’elle n’est pas, comme elle le prétend, la bâtarde d’un petit noble ruiné. Elle est bientôt revendue au très puissant duc de Brennes, celui-là même qui doit marier sa fille unique Catherine à Kylock (roi des Quatre Royaumes depuis qu’il a assassiné son père dans le prologue du présent volume) que Melli devait épouser contre son gré. Jack lui est recueilli par un contrebandier et les deux femmes qu’il protège : Magra et sa fille Tarissa. Celle-ci lui affirme qu’elle a vu un capitaine battre, violer et décapiter Melli. Dès lors, il ne va vivre que pour la venger, le contrebandier lui servant de maître d’armes. Jack tombe amoureux de Tarissa, premiers émois ; le ressentiment n’en sera que plus amer quand il comprendra, la vengeance accomplie, qu’il a été manipulé. On suit toujours les traces de Baralis, intrigant chancelier du roi, sorcier et aspirant au pouvoir suprême à travers Kylock. L’excellent archevêque est toujours là, tourmentant son assistant, ainsi que Finaud et La Bousille, les deux gardes dont les femmes sont l’unique sujet de conversation. Taol quant à lui a abandonné la chevalerie pour se faire champion du duc dans les arènes de Brennes et protecteur de sa dernière tocade, la belle Melli.

L’intérêt du lecteur est sans cesse soutenu par le passage d’un personnage à l’autre. On n’en sait pas plus sur la prophétie ni sur le rôle de Jack dans cette histoire mais les intrigues de la cour de Brennes sont assez bien menées pour captiver l’attention. A l’inverse de bien des séries de fantasy, le sort des héros n’est pas joué d’avance et l’on ne sait pas où l’auteur veut mener son lecteur. Il y a bien quelques longueurs (l’entraînement de Jack, ses errements sans fin, seul, abandonné et mouillé), mais pas d’ennui. Je persiste donc à recommander cette série qui se démarque de toutes celles dont on connaît la fin après avoir lu trois chapitres.

J.V.  Jones sur Mes Imaginaires

Le Livre des mots – 2 : le temps des trahisons (1996), Julie Victoria Jones traduite de l’anglais par Guillaume Fournier, Calmann-Lévy, mai 2006, 526 pages, 24,50€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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