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Machines infernales – K. W. Jeter

CoeurMachines infernalesGeorge Dower n’est pas le digne héritier de son père, loin de là… Il vivote dans sa boutique d’horlogerie que ce dernier lui a léguée mais n’a aucun talent pour créer les subtils mécanismes pour lesquels Dower senior faisait courir tout le pays. C’est tout juste s’il sait réparer une simple montre gousset… et ça lui suffit bien car George Dower n’est pas un ambitieux : c’est un flegmatique. Il va pourtant bien falloir qu’il se bouge un peu car autour de lui, les événements vont s’accélérer.

Un beau jour un homme à la peau sombre et tout vêtu de cuir noir lui confie un mécanisme en vue de réparation. Peu de temps après un couple se présente à la boutique et tente de s’emparer du mécanisme par la persuasion puis par effraction. Pour savoir de quoi il retourne, Dower n’a que deux indices : une pièce frappée à l’effigie du mystérieux saint Monkfisk et une poupée à tête de poisson. Le voilà bientôt arrivé dans l’hallucinant quartier de Wetwick dont les habitants sont tous affublés d’une « face oblique, exophtalmique et aux lèvres pincées« : des faces de poissons.
Et pourquoi les habitants de Wetwick ont-ils des faces de poissons ? Eh bien parce qu’ils descendent en ligne abâtardie des Silkies, êtres-poissons pas si légendaires que ça qui vivaient jadis en nombre sur les côtes écossaises. Le rapport avec le mécanisme de l’Homme de Cuir Noir ? Je renonce à vous l’expliquer car il me faudrait dévoiler et surtout expliquer bien trop longuement une histoire qui oscille entre loufoque et farfelu. Sachez simplement que ce mécanisme tant convoité est un Régulateur Éthérique capable par ses oscillations de faire exploser le globe terrestre (étape essentielle pour attirer l’attention des « créatures qui vivent sur des mondes qui ne sont pas le nôtre« ).

On comprendra qu’à ses débuts, le steampunk n’était rien moins que sérieux : belles dames en crinoline et fog intempestif mais surtout scénario délirant, rebondissements à la chaîne et enjeux complètement démesurés. La fin des années 80 a vu la naissance de ce genre très british qui a fait des émules en France mais qui aujourd’hui est quasiment tari. Alors revenons aux bases du mouvement pour prendre du bon temps avec cette « fantaisie baroque des temps victoriens » (sous-titre du roman), interdite aux rationalistes.

K.W. Jeter sur Mes imaginaires

 

Machines infernales (1987), K.W. Jeter traduit de l’anglais par Pierre K. Rey, J’ai Lu SF n°2518, 1988, 347 pages

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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