Faërie – Raymond E. Feist


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Une famille américaine s’installe dans une ancienne et vaste maison. Après une vie plutôt trépidante (Hollywood, rien de moins pour elle, et des scénarios à succès pour lui), les parents ont décidé de se consacrer à leurs enfants, deux jumeaux de huit ans et une ado d’une vingtaine d’années, Gabbie, sa fille à lui. Beaucoup d’argent, des chevaux, une Porsche… pas l’Américain moyen, plutôt la version série télé où l’argent-n’est-pas-un-problème.

Á peine arrivée, la jeune fille tombe amoureuse du beau et gentil voisin, qui l’aime aussi… Á ce stade, on se demande ce qui va venir briser ce beau petit bonheur made in USA. Eh bien ce sont d’ancestrales légendes made in Europe, bien connues des descendants d’Irlandais et des chercheurs folkloristes et il y en a plus d’un dans le coin, bien sûr. Les uns après les autres, nos gentils héros vont donc être importunés, qui par de simples visions ou sensations, qui par des êtres réellement maléfiques puisque la fille aînée est victime d’une tentative de viol et que l’un des jumeaux est enlevé et son corps remplacé par un immonde changelin lubrique.

Ajoutez à cela une secte deux fois millénaire dont les mages sont chargés de garder l’équilibre entre les peuples, une carte au trésor menant à un coffre rempli de pièces d’or et vous obtiendrez un roman de fantasy moderne dont la seule originalité est de convoquer le folklore celtique et médiéval qui manque tant aux Américains. Ah, avoir un passé, des racines !

« Merveilleux terrifiant » nous dit la 4ème de couverture… J’y ai cru au début tant le scénario de départ ressemble à ces bons films d’horreur américains dans lesquels une brave famille s’installe là où elle n’aurait pas dû, dérangeant ainsi quelques puissances maléfiques. A la fin il ne reste plus personne, tout le monde a été massacré, égorgé, dépecé… que sais-je encore, bref, c’était un film d’horreur. Ici, on ne se leurre pas longtemps. Quand on lit page 277 : « Peut-être son maître allait-il la laisser disposer du chien, ou de la fille, ou, mieux encore, des deux garçons. Avec un léger soupir, et caressant d’étranges visions de meurtre dans son cœur perverti, la Chose noire rampa le long du tronc d’arbre… » on sait déjà que les héros ne s’en tireront au pire qu’avec des égratignures qui ne laisseront même pas de cicatrices.

Feist sacrifie bien une vieille universitaire, mais dans un bête accident de voiture peu spectaculaire.
Vous pouvez donc sans souci conseiller ce roman à vos adolescents qui ont déjà vu bien plus horrible alors qu’ils étaient plus jeunes en regardant les différents épisodes d’Harry Potter (les films). Une pointe de magie pour sauver le monde, une théorie du complot, quelques fées et un roi des elfes ayant mal tourné… pour un roman somme toute traditionnel voire conventionnel qui ne laissera pas un souvenir indélébile dans ma mémoire de lectrice.

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Raymond E. Feist sur Mes Imaginaires

Faërie (1987), Raymond E. Feist traduit de l’anglais (américain) par Jean-Daniel Brèque, Bragelonne, février 2007, 447 pages, 20€

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