Le scarabée – Richard Marsh


MarschJoelle Losfeld réédite un roman policier fantastique anglais. Trois adjectifs, mais pas un de trop. Policier car il y a des morts, très sanglantes, des disparitions, une course-poursuite. Fantastique car c’est une entité tout droit sortie de l’Egypte ancienne qui a l’air de mener la danse. Et anglais car nous sommes au cœur de Londres, au 19ème siècle, avec ses cabs, ses bobbys et ses bonnes manières victoriennes en phase d’être malmenées par des jeunes filles rêvant d’un peu d’autonomie. Et qui dit anglais dit humour et l’on peut parfois sourire à quelques scènes qui sont autant de mises en scène théâtrale dignes des bonnes vieilles années de « Au théâtre ce soir ».

Deux caractéristiques retiennent particulièrement l’attention : d’une part, la rencontre intellectuellement fertile entre les croyances spirites et fantasmagoriques propres à l’Occident du 19ème siècle et l’esprit cartésien des savants et autres inventeurs, ici représentés par l’inconséquent et désagréable Sydney Atherton. D’autre part, une construction originale qui donne la parole à quatre protagonistes de cette histoire, chacun faisant avancer l’intrigue à tour de rôle, pour finir avec l’inspecteur qui enquête officiellement et rationnellement sur cette histoire d’enfants d’Isis revenus hanter un important homme politique. Celui-ci est terrorisé par le mot ou le dessin d’un scarabée, au point d’être au bord de la folie. Alors si vous aimez la tradition britannique fantastique, ce livre est pour vous, il vous en restera un goût de crinoline, de fog et de fureur contenue, gentleman oblige…


Le scarabée (1897), Richard Marsh traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque, Joëlle Losfeld, octobre 2006, 388 pages, 10 €

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