Jeunesse

Arghentur / 1 – Sigrid Renaud

RenaudLiléia mène une vie tranquille, dans un village tranquille très au nord du monde. Les habitants y mènent une vie simple de paysans presque semblables aux nôtres il y a quelques centaines d’années. Presque, car chaque habitant de Terbalne a un talent. Celui de Liléia est de ne jamais se perdre. Par une nuit glacée, une horde de pillards envoyée par le Maître met Terbalne à feu et à sang. Beaucoup périssent, dont Morna la tante de l’héroïne, mais celle-ci parvient à fuir en compagnie de son oncle et de Celwyn l’enchanteur. Ils décident de rallier Zhetsar, où se trouve un homme capable d’expliquer ce qui s’est passé car il connaît le Maître et sait comment l’affronter. Tomas, le cousin de Liléia est quant à lui emmené en esclavage avec d’autres habitants vers Arghentur, cité maudite où réside le Maître. Ses esclaves doivent extraire l’argent de la montagne, argent qu’il utilise pour payer ses mercenaires et alimenter un être mystérieux qui lui donne sa force.

Les deux récits sont menés en parallèle : Tomas et Liléia qui se retrouveront certainement dans le second tome. Pour le premier, l’héroïne et ses amis entament un long, très très long voyage de trois semaines à travers les montagnes hostiles. Les descriptions sont incontestablement belles et fouillées mais l’action n’avance guère et l’intrigue traîne en longueur. Ils n’ont pas de but précis si ce n’est rallier Zhetsar, c’est mince pour soutenir l’intérêt. Tomas vit quant à lui plus de péripéties puisqu’il parvient à s’enfuir d’Arghentur (grâce à son talent) et qu’il se réfugie dans la forêt où il rallie des troupes selves, petits hommes au caractère bien trempé. Le Maître apparaît de-ci de-là, cruel à souhait, et ce n’est qu’à la fin de ce premier tome que l’on entrevoit la complexité de son personnage : il n’agit pas en solitaire pour son avènement personnel mais est peut-être manipulé par une puissance obscure qui se sert de lui pour renaître.
Avec ce beau personnage de jeune fille, ces belles descriptions et un vocabulaire riche, on aurait aimé un peu plus d’action et une intrigue soignée. Je reste un peu sur ma faim, espérant un second tome un peu plus riche en rebondissements.


Arghentur, tome 1 : l’hiver maudit, Sigrid Renaud, Gallimard (Hors-piste n°41), novembre 2006, 316 pages, 11,50€

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