Le diable en gris – Graham Masterton


MastertonBragelonne commence sa nouvelle collection consacrée à l’horreur, « L’Ombre », avec un roman d’un des auteurs les plus vendeurs du genre : Graham Masterton. L’Ecossais choisit ici le polar pour mettre en oeuvre un de ses thèmes favoris : le retour parmi nous de vieilles pratiques ancestrales et primitives.

Nous découvrons donc de nos jours, à Richmond (USA), la santeria, sorte de religion vaudou venue d’Afrique (ses racines se trouvent dans la région sud-ouest du Nigeria, dans tous les mythes et les rituels magiques du peuple Yoruba). Bougies, incantations et poulets décapités sont donc au programme. Habilement, Masterton échafaude une intrigue dans laquelle des crimes très très sanglants commis par un tueur invisible sont liés à un épisode de la guerre de Sécession. Lors de la bataille du Wilderness en 1864, les Sudistes acculés ont dû faire appel à des pratiques magiques pour venir à bout des troupes du général Grant (un peu de révision de l’histoire des Etats-Unis avant de commencer ne fera pas de mal, ou alors prenez des notes pour vous rappeler si Lee, c’est l’Union, le Nord, ou les (con)fédérés…). L’esprit alors invoqué n’ayant pas été bien traité, le voilà qui se manifeste à nouveau, pour se venger sur tous les descendants de ceux que l’on appelait alors la Brigade du diable.

Il est clair que Masterton est au point tant sur les pratiques vaudous que sur la guerre de Sécession et que le mixte des deux est très bien organisé. En plus, les amateurs d’horreur seront comblés, et tant mieux puisque c’est à eux que cette collection s’adresse : du sang partout, des éviscérations et des détails vraiment dégueux (à propos d’un macchabée qui vient de se faire trancher la tête : « Il était en train de manger ! … Si on regarde dans son cou, on aperçoit encore du jambon et des pommes de terre mâchées.« ).

Il n’en reste pas moins que le suspens n’en est pas un : rien d’imprévisible, c’est comme si on l’avait déjà lu. Alors que tout le monde se fait taillader et découper en morceaux, la gentille trisomique qui aide le héros en sort saine et sauve alors que celui-ci écope d’une estafilade à la main. On a donc un cahier des charges parfaitement rempli avec un dénouement traditionnel. Les amateurs apprécieront peut-être.

Graham Masterton sur Mes Imaginaires
 

Le diable en gris (The Devil in Gray, 2004) Graham Masterton traduit de l’anglais par François Truchaud, Bragelonne (L’Ombre), octobre 2006, 333 pages, 20€

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