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Le sot de l’ange – Christopher Moore

moore.jpgAbsurde, cocasse, délirant : aucun de ces adjectifs n’est de trop pour qualifier ce roman de Christopher Moore. Nous voilà à Pine Cove, petite bourgade californienne, peu avant Noël. Tout le monde est pris par la folie festive : les uns achètent leurs cadeaux tandis que les autres se déguisent en Père Noël. Dommage pour Dale Pearson, agent immobilier vraiment patibulaire, qui va tomber le cou le premier sur une pelle, tenue par son ex-femme qui déracinait un de ses chers sapins.

C’était pour la bonne cause, c’était un accident… Heureusement pour l’ex-femme, arrive Tucker Case « mince, blond et bronzé, avec un look de surfeur vieillissant » qui l’aide à enterrer le cadavre encombrant. Les voilà tous deux partis au restaurant, que dis-je tous deux… Roberta les accompagne, chauve-souris végétarienne originaire de Micronésie portant Ray-Ban. Non loin de là, Theophile Crowe, chargé de faire régner la loi à Pine Cove, écrase ce qu’il croit être un homme (vu qu’il est tout le temps stoned, il ne sait pas bien…) mais qui est en fait un ange idiot venu du ciel (en fait l’archange Gabriel lui-même) pour exaucer le vœu de Noël d’un gamin, n’importe lequel. Il ne réussira qu’à ressusciter un cimetière tout entier, obligeant Molly Michon, autrefois Amazone des Terres Inconnues à Hollywood et aujourd’hui épouse de Théophile Crowe, à combattre à l’épée toute une armée de morts vivants assoiffés de cervelle humaine.

Tout ça à l’air complètement foutraque (et ça l’est !) mais ceux qui ont apprécié Le lézard lubrique de Mélancoly Cove seront en territoire connu puisque Moore réutilise ses personnages. Que dire pour les autres ? C’est sûrement drôle, peut-être hilarant pour certains… Pour ma part je suis restée à l’écart de cet humour et n’ai pas beaucoup ri. Certaines scènes sont longues (comme l’assaut de la chapelle par les morts vivants), les dialogues sont volontiers vulgaires et ces personnages de tordus ne me sont pas sympathiques. Ils sont tous complètement barjos, c’est certain, un peu trop sans doute.
Sous-titré « un chaleureux conte de Noël et d’épouvante », Le sot de l’ange est un livre à recommander à ceux qui apprécient l’humour noir, franchement provocateur et les gags « tarte à la crème ». J’étais proche de l’indigestion mais je ne suis pas bon public en matière d’humour. A vous de voir…


Le sot de l’ange (
The Stupidest Angel, 2004), Christopher Moore traduit de l’anglais (américain) par Luc Baranger, Calmann-Lévy (Interstices), novembre 2006, 256 pages, 18€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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