Jeunesse

Voyage extraordinaire au royaume des Sept Tours – Arthur Ténor

Tenor-1.gifImaginez un monde dans lequel les voyages vers des pays imaginaires sont devenus possibles… Quelle aubaine pour Thédric Tibert, étudiant en droit qui s’ennuie dans la vie. Ses économies en poche, il pousse la porte d’une agence de voyages et n’a plus qu’à choisir sa destination vers les infinimondes de l’imaginaire. Pour lui, ce sera le Royaume des Sept Tours pour un raid « émotions fortes ». Et il va en avoir des émotions car il arrive tout pile au moment où le pacifique royaume se fait envahir par l’Immonde. Et il ne tardera pas à se rendre compte que cette invasion a un rapport direct avec sa présence. Empêché par la guerre de rentrer dans notre monde, Thédric va devoir fuir et trouver de l’aide auprès de ses amis, les guerriers litiths.

Arthur Ténor s’engouffre dans la brèche grande ouverte de la fantasy, en la mâtinant quelque peu de science-fiction puisqu’il est au début du roman question de tunnels quantiques permettant les voyages dans les infinimondes. On trouvera donc dans ce roman (en un volume pour l’instant) de l’aventure, des combats, des créatures du bestiaire merveilleux (elfes, orques) et des créatures originales (équineds, mi-chevaux mi-fauves volants et radons, mi-rats mi-araignées par exemple), de l’amour et des sentiments forts (amitié, honneur, courage).
Thédric narrateur (il s’agit de ses carnets de voyage) est rapidement sympathique, timide et pas fier, émouvant et souvent éberlué. Les braves soldats litiths ne le sont pas moins et la belle Lizlide est l’elfe dans toute sa splendide féminité, aucun doute… L’humour désamorçant les situations potentiellement dramatiques, les situations dangereuses ne le sont jamais vraiment. La fin échappe heureusement au coup de baguette final qui aurait permis que tout s’arrange pour le mieux pour tous les personnages. L’émotion par contre est bien présente et le suspense aussi, un peu (si on a entre 10 et 15 ans…).

On sent une grande admiration pour Tolkien derrière ses lignes (l’assaut de Minas Tirith, les elfes Arwen et Galadriel…), hommage ou emprunt, peu importe. Au moment où l’interminable et poussif Eragon fait un malheur, je rallie sans problème ce roman de fantasy traditionnel. J’aurais peut-être aimé un chouïa plus d’originalité et de distance par rapport aux classiques du genre, mais le public cible n’a certainement pas les mêmes exigences.
Il remarquera très belle couverture conçue uniquement en images numériques par Thierry Humbert, en collaboration avec l’auteur. C’est une invitation à l’aventure, au dépaysement, au grand saut vers l’Ailleurs.

Arthur Ténor sur Mes Imaginaires

Voyage extraordinaire au royaume des Sept Tours, Arthur Ténor, Plon Jeunesse, octobre 2006, 317 pages, 13€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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