Jeunesse

La Trilogie du Vorkeul – Michel Honaker

HonakerSharn est un Vorkeul, un extraterrestre pacifique pourchassé par les hommes. Il porte aux côtés une cage qui lui permet de chanter des chants incomparables et doux. Mais depuis des années, les cages font l’objet d’un trafic très rentable car des collectionneurs les achètent à des prix faramineux. Une fois qu’on a tranché leur cage, les Vorkeul ne sont plus rien, que des bannis, des errants ou des prisonniers, dans tous les cas des parias.

Sharn a réussi l’incroyable exploit de survivre à l’ablation de sa cage et de s’échapper de Dédale, la planète-prison où il a été jeté pour vol et dégradations diverses douze ans auparavant. Il a juré de récupérer sa cage afin de chanter à nouveau et de marcher sur les ponts d’ombre, visibles des seuls Vorkeul. Deux scientifiques aux pouvoirs psy, Otis et Phyllis, ainsi que le collectionneur Hagon Balger se lancent à la poursuite de Sharn car son évasion doit rester secrète.

On comprendra bien vite que les enjeux de cette course au Vorkeul vont au-delà de cette simple évasion. Hagon Balger se révèlera être lui-même un Vorkeul dépourvu de cage qui a juré de se venger de sa race. De cette dangereuse mission Phyllis reviendra avec un enfant, un bébé Vorkeul, héros des tomes deux et trois de cette convaincante trilogie. Il sera à son tour traqué, emprisonné. Que demandent ces extraterrestres inoffensifs ? Retrouver leurs cages, la paix et le rêve, le Gyr-Gavanen, paradis onirique. Mais ils ont par malheur une valeur inestimable et une multinationale se met en tête de les faire se reproduire en captivité pour obtenir en nombre des cages avec de moindres moyens. Même s’il faut pour cela obliger des femmes humaines à être engrossées par des Vorkeuls, puisque ceux-ci n’ont pas de femelles.

Le sort des Vorkeul nous rappelle bien sûr celui des éléphants, des rhinocéros, des crocodiles, de toutes ces espèces en voie de disparition à cause de la convoitise humaine. Mais ces extraterrestres sont plus que ça puisqu’ils ont une dimension quasi humaine qui renforce l’empathie du lecteur pour cette race traquée. Une grande tristesse traverse ces trois romans, adoucie par la mélodieuse musique des Vorkeuls. Honaker joue avec finesse sur une grande palette de sentiments allant de la haine du Vorkeul pour ses tortionnaires, de l’amitié de Nick Donovan pour Mullin Philatère à l’amour des mères pour leurs enfants Vorkeuls. Les thèmes de la traque et de la vengeance stimulent l’action et le suspense, tandis que l’écriture de Honaker, aussi efficace dans les sentiments que dans l’action, rend accessible cette trilogie aux non lecteurs de SF. D’abord publiée au Fleuve Noir, elle s’adresse plutôt à de grands adolescents.

Michel Honaker sur Mes Imaginaires

La Trilogie du Vorkeul : 1 – Le chant du Vorkeul, 166 pages ; 2 – Le rêve du Vorkeul, 163 pages ; 3 – La haine du Vorkeul, Michel Honaker, Flammarion (Tribal), 1999, 157 pages.

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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