Jeunesse

La cité de l’ombre – Jeanne DuPrau

duprau.jpgComme tous les habitants d’Ember, Doon et Lina reçoivent leur affectation professionnelle à l’âge de douze ans. Lina devra travailler dans les galeries souterraines et Doon devenir messager. Mais ni l’un ni l’autre ne se satisfait de son sort et ils échangent leurs affectations. Comme des générations depuis environ deux cent cinquante ans, ils partent chaque matin dans cette ville étrange, éclairée artificiellement, sans oiseau, sans ciel et sans pluie.
Tout pourrait continuer simplement pour eux aussi mais l’organisation de la cité montre des signes de faiblesse : les produits sont rationnés, la lumière est coupée de plus en plus souvent. Les mythiques Bâtisseurs avaient pourtant pensé à tout, les habitants ne devaient manquer de rien et voilà que rien ne va plus. La population s’inquiète, certains grondent même.

L’idée de ce roman est plutôt originale : des gens vivent dans une cité souterraine, ne sachant rien du monde extérieur, ni même qu’il existe. Tout va pour le mieux pendant longtemps, jusqu’au jour où le nécessaire vient à manquer. Mais le traitement me paraît très étrange : le prologue est un dialogue entre deux architectes qui construisent la ville d’Ember qui devra durer plus de deux cent ans. Ils cachent des consignes (on ne sait pas pour quoi faire) qui permettront aux habitants de faire quelque chose le moment venu. L’histoire elle-même se situe environ deux cent cinquante ans plus tard, alors que Lina trouve ces consignes très endommagées. Malgré tout, un enfant de CP comprendrait qu’il s’agit d’instructions pour sortir de la ville souterraine qu’est Ember. Pourtant, ce n’est qu’à la dernière page que l’héroïne, une fois sortie, comprend que sa ville est enterrée… bizarre. Pour moi, l’intrigue est bancale et le scénario raté. En plus, l’auteur pratique le bon sentiment à un degré prohibitif : Lina est une très gentille fille qui aime sa grand-mère et se dévoue pour sa petite sœur, Doon est très gentil avec son papa et on a à peine vu le maire entrer en scène qu’on sait que c’est un méchant (il est gros, avachi, gris de teint, regard absent).
Tout ça est finalement assez décevant.

La cité de l’ombre (2003), Jeanne DuPrau traduite de l’anglais par Julien Ramel, Gallimard (Folio Junior n°1325), 294 pages, 6€

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