Jeunesse

Le testament de l’Aurore / 1 – Dennis Foon

FoonDes enfants heureux dans un village. Une horde s’abat sur eux, massacrant tout ce qui bouge. Sauf Roan à peine âgé de seize ans. Il se retrouve dans la communauté de l’Ami, dirigée par Saint, le prophète. Il y fait son éducation, en vue de devenir l’un des leurs, un guerrier, alors qu’il a été élevé au village de la non-violence.

Mais le jeune garçon sent des mystères planés autour de lui, on ne lui dit pas tout, il serait même possible qu’on lui cache le pire. C’est qu’il fait des rêves étranges dans lesquels une femme-chèvre et un homme-rat le conseillent et l’encouragent. Il entend aussi sa sœur Stella qu’il croyait morte dans le massacre. Une macabre découverte le pousse à fuir, à quitter, non sans verser le sang, la domination tyrannique de Saint. Sur les terres dévastées du monde, il va rencontrer des alliés, le Grêlé, Alandra qui vont l’aider à fuir toujours plus loin la vengeance de Saint qui le traque au nom de la Cité.

On ne saura pas dans ce premier tome ce qu’est exactement la Cité, ni ce qui s’est passé pour qu’il n’y ait plus sur Terre que quelques îlots de vie précaire entourés de mers polluées, de terres stériles et hostiles et de pluies mortelles. On le devine. Il faut dire qu’il s’agit là du premier tome d’une trilogie pour la jeunesse qui tranche avec ce que l’on a l’habitude de lire ces temps derniers en littératures de l’Imaginaire.
C’est un livre d’ambiance feutré où rien n’est révélé mais à découvrir. Pas d’explications à la louche car comme Roan, le lecteur découvre peu à peu ce monde post apocalyptique où seul les plus forts survivent. La non violente Aurore a vécu le temps d’un rêve et ses enfants doivent apprendre à lutter. Parce qu’il entretient des rapports privilégiés avec un criquet des neiges et parce qu’il entend des voix étranges, on se doute que Roan va développer des capacités particulières. On espère juste qu’elles ne permettront pas à l’auteur de trop évidentes facilités de scénario (déjà, quand Roan quitte son corps pour espionner ses ennemis, on tique…).
Ce premier tome se lit donc avec grand plaisir, descriptions, dialogues, personnages, tout sonne juste et laisse présager du meilleur. On attend peut-être juste un peu plus de vitalité.

Le testament de l’Aurore – 1 : les enfants de l’Aurore (2003), Dennis Foon traduit de l’anglais (américain) par Guillaume Fournier, Pocket Jeunesse, avril 2006, 334 pages, 17€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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