Les bannis et les proscrits / 1 – James Clemens


ClemensJusqu’à ses treize ans Elena était une jeune fille comme les autres. Puis tout a très vite basculé. Une marque rouge, comme un gant sanglant, apparue sur sa main, deux hommes sortis tout droit de l’ombre qui détruisent sa maison, tuent ses parents et déchaînent des forces répugnantes et maléfiques… Elle doit fuir avec son frère Joan car ses poursuivants qui ont mis le feu au verger et aux alentours font courir le bruit que les deux jeunes gens en sont responsables. Mais qui sont ces hommes sinistres et pourquoi veulent-ils s’emparer d’Elena ?

C’est le début d’une longue suite de questions, de peurs et de rencontres que la jeune fille subit plus qu’elle n’affronte, jusqu’à ce qu’elle découvre que la marque de sa main est liée à un pouvoir magique très ancien. Dans sa fuite, elle va rencontrer bien des créatures (nyphais, mages, og’res, si’luras…), qui la reconnaissent soit pour une sorcière maléfique et sont là pour la tuer, soit comme une reine et font tout pour la protéger. Ensemble, ils vont partir à la recherche des ruines enfouies de Val’loa, la cité perdue, affrontant les sbires du Seigneur Noir.

Ce premier tome commence plutôt bien avec la fuite de la jeune fille en compagnie de son frère, la folie collective qui s’empare des paysans et les ravages causés par le mage noir et son âme damnée qui s’ignore. Cette première partie est très rythmée et relativement captivante.
Mais ce dynamisme est cassé quand, dans une seconde partie, l’auteur abandonne ses deux héros pour s’attacher à trois autres, créatures imaginaires qui vont bientôt croiser le chemin d’Elena, que l’on retrouve dans une troisième partie. A mon avis cette construction est malheureuse car elle casse le rythme de la fuite qui instaurait une tension dramatique intéressante. Peu à peu les différents protagonistes s’agrègent pour former un groupe hétéroclite, aux intérêts divergents. Certains, comme l’el’phe, veulent tuer Eléna, d’autres la protéger car ils ont reconnu en elle l’héritière d’une magie très ancienne. Réunie au Grimoire Sanglant, jadis créé pour sauver Alaséa, elle pourra peut-être enfin mettre fin au règne funeste du Gul’gotha.

L’intrigue perd en intensité et en originalité au cours des pages. Même si l’auteur crée des créatures qui lui sont propres, on en reste pas moins dans un roman de fantasy classique avec quête, compagnie hétéroclite et forces du Mal envahissantes. Un bon point toutefois pour les ravages causés par ces dernières qui sont vraiment sordides (petites touches de dark fantasy biens dosées). Un mauvais pour les  » innovations  » lexicales (qu’apporte au texte le mot  » chok’olat  » plutôt que  » chocolat  » ?!)

A mon avis, ce premier tome peut faire office d’entrée en matière dans la fantasy, dès 12-13 ans pour des lectrices motivées et aguerries (intrigues mêlées et nombre de pages important). Ou par exemple à celles que passionnent les romans d’Henri Loevenbruck, chez le même éditeur. Une sorcière de treize ans qui découvre ses pouvoirs et doit sauver son monde à de quoi les séduire, et ça nous change des jeunes héros à lunettes…

Les bannis et les proscrits -1 : le feu de la sor’cière (1998), James Clemens traduit de l’anglais par Isabelle Troin, Bragelonne, mai 2006, 421 pages, 22€

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