Jeunesse

Les aventures fabuleuses, cocasses et incroyables de Till Brindille – Cat Weatherill

WeatherillPlacez un petit bonhomme en bois dans un monde d’êtres humains, et vous aurez un roman sur la différence ; qu’il soit orphelin, déraciné et fugitif, et l’on aborde le thème de la difficulté d’être au monde ; si la tendresse est au rendez-vous et la cruauté là où on ne l’attend, vous éviterez tout manichéisme ; en saupoudrant largement d’aventures intrépides et de paysages exotiques, vous obtiendrez un sympathique roman des plus divertissants.

Le jeune Till Brindille a un jour jailli d’un œuf sous le regard de Pignon et Coloquinte Grenier qui vont devenir ses parents adoptifs. Petit garçon de bois très travailleur, inépuisable, Till s’intègre bien à sa communauté tranquille, travaillant dur et bon camarade. Jusqu’à ce qu’un drame l’oblige à fuir : en jouant, il percute Biberon Martin qui meurt immédiatement sous le choc. C’est le début d’une fuite en avant qui va amener Till à rencontrer quantité de gens qui forment une galerie de portraits vivante et exotique : les ouvriers de la confiturerie (avec son méchant contremaître et la si belle fille du patron), les membres d’une troupe de cirque (pour laquelle il deviendra l’enfant boulet de canon), l’équipage d’un bateau puis les pirates du marquis de Renardin de la Tourbeclaire. C’est au cours de ces pérégrinations qu’il découvrira qu’il n’est pas unique en son genre, que là-bas, sur l’île de Montcendré vivent ses semblables, victimes (parfois consentantes apprendra-t-on) d’un terrible trafic d’esclaves. Till compte bien y retrouver sa famille et combler tous ces espoirs.

De lecture très accessible (dès 9-10 ans pour les meilleurs lecteurs) grâce à un vocabulaire et des situations simples, des phrases et des chapitres courts, ce roman mêle quotidien et exotisme, petits tracas de tous les jours et grands conflits intérieurs. L’auteur évite les pièges du sentimentalisme facile en donnant à son héros une leçon de vie très cruelle mais qui à mon avis rattrape les petites faiblesses et facilités du scénario (surtout en ce qui concerne la personnalité du trop gentil Till). La toute fin brise la cohérence du reste mais s’oublie vite. Une lecture agréable pour filles et garçons qui aiment les romans d’aventures imaginaires, en un seul tome.

Les aventures fabuleuses, cocasses et incroyables de Till Brindille (2005), Cat Weatherill traduite de l’anglais par Emmanuel Pingault, Milan, 2ème trimestre 2006, 318 pages, 13€

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