La poupée sanglante – Gaston Leroux


LerouxCélèbre feuilletoniste du 19ème siècle, Gaston Leroux est surtout connu pour ses personnages de Chéri-Bibi et Rouletabille. Les éditions de L’Aube dans une nouvelle collection baptisée « Les Populaires » choisissent de nous faire découvrir les moins connus (aujourd’hui) de ces feuilletons d’hier au goût un peu suranné.

La poupée sanglante mêle les ingrédients incontournables d’une telle littérature : suspense, rocambolesque, dialogues à la pelle, belle jeune fille et des mystères à n’en plus finir. Bénédict Masson, relieur de son état, est établi sur l’île Saint-Louis à Paris. Il s’avoue lui-même nain et affreux, et voue une passion (forcément vaine et secrète), à sa belle et jeune voisine d’en face, Christine Norbert. La charmante et prude jouvencelle est fiancée à un jeune carabin qui mène, avec son père des recherches étranges sur le mouvement perpétuel. Toujours à étudier ces deux-là, souvent avec l’aide de Christine, que Bénédict Masson passe son temps à surveiller du haut de son grenier. Et voilà qu’un jour, il voit un beau jeune homme sortir de l’armoire de la demoiselle et l’embrasser ! Puis tous deux se promènent au clair de lune, s’embrassent encore, et un beau jour le jeune homme est assassiné par le fiancé. La victime est escamotée, puis revient… Bénédict ne comprend rien, le lecteur non plus, quoi que… Par ailleurs, Bénédict se rend dans la demeure voisine des Coulteray à la demande de Christine qui y est employée. Elle ne veut en effet plus s’y rendre seule, ayant été inquiétée par les avances du marquis. Mais quelles avances ? La marquise semble persuadée que son mari est un vampire et lui boit son sang régulièrement ; d’ailleurs, elle est pâle comme la mort… Ces deux intrigues progressent parallèlement sans que l’on puisse dire qu’elles aient un rapport. Puis elles cessent avec les carnets de Bénédict pour prendre un tout autre ton. Le récit se fait ensuite à la troisième personne et relate la très étrange personnalité du relieur. Retiré après la mort de la marquise sur ses terres marécageuses, il y est clairement accusé par le voisinage d’avoir tué et découpé sept jeunes filles en service chez lui qui ont mystérieusement disparu. Il ne s’en défend pas, au contraire, il fait tout pour paraître coupable.
Alors qu’en est-il, le gentil et tendre nain difforme est-il en réalité un sanguinaire assassin ? Ses carnets ne sont-ils que mystification ? Et la belle Christine, est-ce un automate qu’elle a créé, ou bien le vampire qui terrorisait la marquise ? Eh bien vous n’en saurez rien car la suite est enfermée dans le second tome, La machine à assassiner, à paraître mi juin. C’est affreusement frustrant mais habile de la part de l’éditeur car on se sent comme le lecteur de jadis qui attendait la solution aux mystères bien épais, inextricables, aux dénouements certainement rocambolesques mais ô combien divertissants. Dès lors pourquoi ne pas replonger dans ce 19ème siècle de pacotille et de grosses ficelles ? Ces aventures ne manquent pas de charmes désuets qui font sourire plus que frémir tout en sachant tenir en haleine le lecteur bienveillant. A grignoter avec plaisir.

La poupée sanglante (1924), Gaston Leroux, L’Aube (Les Populaires), mars 2006, 307 pages, 7,90€

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