Adultes

Gévaudan – Philippe Mignaval

MignavalOn peut faire de bonnes soupes dans de vieux pots, il paraît que ce sont les meilleures. Encore faut-il avoir la recette et ne pas masquer sous les épices la pauvreté des ingrédients de base…
Pourtant ce Gévaudan ne manque pas d’atouts, comme par exemple le goût du pays et la connaissance des légendes afférentes à l’événement. C’est le minimum quand on se lance dans un roman historico-futuriste. Nous avons là un scientifique passionné par la Bête du Gévaudan auquel on amène un morceau miraculeusement conservé de ladite bête. L’ADN prélevé, il fait inséminer une dizaine de chiennes et attend le premier clone. Tout rate, ou presque : on ne saura jamais à quoi ressemblait le monstre sanguinaire. Pourtant, quelques mois après, des personnes sont enlevées et déchiquetées par un animal inconnu qui présente toutes les caractéristiques du monstre d’hier. Il faut bientôt se rendre à l’évidence : la Bête du Gévaudan est de retour.

Sans être furieusement originale, on aurait pu faire quelque chose d’intéressant avec cette idée-là. Malheureusement, l’auteur a pris le parti de faire de son héros un célibataire de quarante ans plus préoccupé de l’état des culottes de ses maîtresses que de ses recherches scientifiques. Et comme il est le narrateur, ça devient vite lassant. Peut-être apprécierez-vous la précision avec laquelle il décrit la pénétration à l’aide d’une courgette (qui se déguste ensuite bien entendu), la position dite du « fauteuil zen » et l’inévitable fellation en voiture. Ce n’est pas mon cas, c’est fatigant car vulgaire et racoleur, le narrateur étant à peu près détestable, macho et irresponsable. Bref, on ne le voit peut-être pas de la même façon selon que l’on est lectrice ou lecteur… En tout cas très peu pour moi.

Gévaudan, Philippe Mignaval, Le Pré aux Clercs, mars 2006, 319 pages, 18€

A lire aussi :

Un tango du diable – Hervé Jubert Quelques années après les mystérieuses villes reconstituées, voici le retour de Roberta Morgenstern et Clément Martineau. La sorcière est au meilleur ...
Ravage – René Barjavel Pourquoi lire cette vieillerie ? Certainement parce que c'est Barjavel et que c'est le seul titre de SF lu par bien des profs de français qui nous le ...
Les Maîtres des Brisants / 1 – Erik L’... Ce livre est dédié à Albator, héros de bien des trentenaires, également bercés par Goldorak et autres capitaine Flam. Et c'est bien un héros de l'enve...
La brèche – Christophe Lambert "Le plus important, pour moi, était d'essayer de retranscrire les sensations que les GI avaient dû éprouver en ce terrible matin du 6 juin, c'est-à-...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *