Gévaudan – Philippe Mignaval


MignavalOn peut faire de bonnes soupes dans de vieux pots, il paraît que ce sont les meilleures. Encore faut-il avoir la recette et ne pas masquer sous les épices la pauvreté des ingrédients de base…
Pourtant ce Gévaudan ne manque pas d’atouts, comme par exemple le goût du pays et la connaissance des légendes afférentes à l’événement. C’est le minimum quand on se lance dans un roman historico-futuriste. Nous avons là un scientifique passionné par la Bête du Gévaudan auquel on amène un morceau miraculeusement conservé de ladite bête. L’ADN prélevé, il fait inséminer une dizaine de chiennes et attend le premier clone. Tout rate, ou presque : on ne saura jamais à quoi ressemblait le monstre sanguinaire. Pourtant, quelques mois après, des personnes sont enlevées et déchiquetées par un animal inconnu qui présente toutes les caractéristiques du monstre d’hier. Il faut bientôt se rendre à l’évidence : la Bête du Gévaudan est de retour.

Sans être furieusement originale, on aurait pu faire quelque chose d’intéressant avec cette idée-là. Malheureusement, l’auteur a pris le parti de faire de son héros un célibataire de quarante ans plus préoccupé de l’état des culottes de ses maîtresses que de ses recherches scientifiques. Et comme il est le narrateur, ça devient vite lassant. Peut-être apprécierez-vous la précision avec laquelle il décrit la pénétration à l’aide d’une courgette (qui se déguste ensuite bien entendu), la position dite du « fauteuil zen » et l’inévitable fellation en voiture. Ce n’est pas mon cas, c’est fatigant car vulgaire et racoleur, le narrateur étant à peu près détestable, macho et irresponsable. Bref, on ne le voit peut-être pas de la même façon selon que l’on est lectrice ou lecteur… En tout cas très peu pour moi.

Gévaudan, Philippe Mignaval, Le Pré aux Clercs, mars 2006, 319 pages, 18€

.
.

.

Pour recevoir un mail à chaque nouvel article publié :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *