Jeunesse

49 302 – Nathalie Le Gendre

Le gendrreNathalie Le Gendre poursuit sa croisade contre les injustices en nous guidant sur les pas d’un jeune homme, Loïk, qui, en 2123 est condamné au bagne pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Il est déporté sur une planète lointaine, puis chargé d’extraire, sur Syringa, un matériau précieux à la vie sur Terre. Ce faisant, il rencontre les habitants de cette planète hostile, dont l’environnement est nocif aux humains. Pourtant, grâce au respect de la nature environnante, ils y vivent en paix et harmonie, regardant avec surprise et incompréhension les hommes saccager leur sol.

J’ai été moins convaincue par ce livre que par les précédents de Nathalie Le Gendre. Il se présente comme le journal de Loïk écrit à la première personne mais par sa sœur et trouvé par hasard des années plus tard par sa petite-fille. Construction bizarre, à la limite de la maladresse quand entre les chapitres du journal de Loïk s’écrit l’histoire des Nùa°°inas à la troisième personne. Choix narratifs étranges… J’irai jusqu’à dire que la fin est bâclée quand en deux pages, le véritable assassin avoue tout à coup son crime, sans raison et proclame ainsi ouvertement l’innocence de Loïk dont on ne doutait pas. Et quand on découvre que Loïk est un descendant de Guillaume Seznek, on se dit que ce n’était peut-être pas la peine…
Nathalie Le Gendre souhaite dénoncer l’injustice dont a été victime jadis Guillaume Seznec et par là même les erreurs judiciaires en général qui brisent la vie de bien des innocents. On aurait donc aimé que la procédure judiciaire soit plus décrite et surtout que l’accent soit mis sur l’injustice, la souffrance et la déshumanisation du héros. Loïk passe de très longs mois au trou, en fait seul dans le vide sidéral, mais ses sentiments ne sont alors que très peu transmis au lecteur. Peut-être le format de la collection était-il trop modeste pour permettre à l’auteur d’exprimer une palette de sensations profondes et de rouages complexes. Ils auraient pourtant permis que l’on comprenne mieux la souffrance de ces hommes aux destins brisés. Une bonne cinquantaine de pages en plus lui aurait peut-être permis de ne pas rester à la surface des choses et des personnages, de les faire vivre de l’intérieur comme elle l’a précédemment fait.

Nathalie Le Gendre sur Mes Imaginaires

49 302, Nathalie Le Gendre, Mango (Autres mondes n°37), février 2006, 202 pages, 9€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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