Le secret de Ji / 1 – Pierre Grimbert


GrimbertIl y a près de cent-vingt ans, un émissaire venu de nulle part, Nol l’Étrange, a convoqué les sages parmi les sages des Hauts et Bas Royaumes. Emmenés sur l’île de Ji, tous ne sont pas revenus mais aucun n’a jamais raconté ce qui s’y était passé. Tous les ans cependant, ces sages, puis leurs descendants célèbrent leur séjour sur l’île.

Alors que les héritiers des sages de Ji peuplent tous les mondes connus, de mystérieux tueurs implacables, les Züu, sont sur leurs traces et les tuent sans somation. Leti et sa tante Corenn sont des héritières : elles décident de fuir le péril zü, entraînant avec elles Yan le pêcheur et Gringan le guerrier, autre héritier. Sur leur route le petit groupe croise d’autres héritiers qu’il s’agrège, comme Bowbaq le géant et l’acteur Rey.
On retrouve donc le schéma classique d’une petite bande de héros hétéroclites qu’a priori rien n’assemble mais qui vont devoir se supporter pour fuir et vaincre un danger commun. En fait, plutôt que de fuir, ils ont largement tendance à se jeter dans la gueule du loup, en se rendant par exemple deux fois de suite à la rencontre des tueurs dans un lieu public ou en abordant l’île de Ji (qui n’est pas gardée, quelle chance !). Chacun a un rôle qu’il ne quitte pas : le guerrier ronchon mais au grand cœur (Grigan), la sage (Corenn), la jeune fille révoltée et de fait, casse-pied (Leti), qui est aimée du jeune héros timide mais qui va se découvrir des dons cachés (Yan), le bon gros géant inoffensif (Bowbaq), le trublion qui met de l’humour (Rey). L’intrigue principale est celle du secret de l’île Ji (que s’est-il passé jadis sur cette île et pourquoi les héritiers sont-ils aujourd’hui systématiquement victimes des Züu ?) mais elle est doublée par l’aventure sentimentale entre Léti et Yan. Ces adolescents maladroits, à la fois à la recherche d’eux mêmes et de l’autre destinent plus particulièrement ce roman aux jeunes lecteurs du même âge. Bons lecteurs tout de même puisque ce premier volume fait cinq cents pages (regroupant les deux premiers volumes de l’édition de poche) et qu’il présente de longs moments d’inaction (traversées en bateau, enfermement dans une sorte de cave…) qui à mon avis plombent le récit.
Mais j’ai lu beaucoup d’avis enthousiastes (qui m’ont poussé à lire ce premier tome) qui souvent comparent ce cycle à du Eddings, en particulier le cycle de Belgariade. C’est sûrement pour ça que je n’apprécie pas particulièrement : le héros de Eddings m’ennuie, il est si naïf qu’il est tout à fait invraisemblable, manquant à tous les niveaux de crédibilité. Les personnages de Grimbert seraient plus réussis que ceux d’Eddings, plus consistants et donc plus convaincants (sans pour autant développer des trésors de psychologie), mais je trouve l’intrigue sans grand intérêt, les héritiers allant d’un lieu à l’autre, le plus dangereux de préférence. C’est un peu trop systématique, et du coup, ennuyeux. Mais pourquoi ne pas conseiller ce cycle aux lecteurs qui aiment les intrigues sans fin : un second volume suit celui-ci, puis un second cycle, Les enfants de Ji.

Le secret de Ji, volume 1, Pierre Grimbert, Mnémos, 502 pages, 19,82€

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