Jeunesse

Le dernier elfe – Silvana de Mari

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Yorsh est un pauvre petit elfe orphelin dont la grand-mère vient de mourir noyée sous les pluies incessantes. Heureusement, il rencontre dans la forêt une femme qui lui donne à manger. Bientôt, ils rencontrent un chasseur et ils font route ensemble. Généreuse attitude car ils savent que Yorsh est un représentant de cette race haïe des elfes qui ont fait tant de mal aux humains grâce à leur magie. Aider un elfe est donc passible de prison, et même de pendaison, aussi vont-ils devoir se cacher et fuir la société des hommes. Et puis comme ils n’ont rien à faire, ils vont tenter d’accomplir une prophétie que le petit elfe vient de voir inscrite sur les murs de Daligar. Pour cela, il vont devoir retrouver le dernier dragon, perché tout là-haut dans son repaire. A la fin de la première partie, Yorsh a découvert son dragon et juré de ne plus le quitter. La seconde partie se déroule six ans plus tard, Yorsh a une quinzaine d’années et n’en peut plus de soigner son dragon acariâtre. Mais il est loyal : il a promis, il reste.

Cette histoire-là est simplissime ; elle aurait pu être intéressante si l’auteur n’écrivait pas avec une mièvrerie constante et fatigante. Exemple : « Le dragon paraissait surpris. Il était vraiment vieux et ce n’était pas facile de déchiffrer l’expression d’un dragon, surtout si c’est un dragon très vieux et si c’est la première fois qu’on en rencontre un, mais il était incontestablement surpris ». 380 pages sur ce ton-là et l’on implore pitié. Ça se veut poétique mais c’est pleurnichard et bête.
La première partie s’en sort tout de même mieux car l’elfe porte sur les hommes un regard vierge et naïf et pointe nos contradictions non sans humour. Si le ton n’était pas aussi larmoyant, ce serait drôle. Mais voilà, le dernier elfe, comme tous les elfes, est victime de la méchanceté des hommes qui accusent ces êtres différents d’être la cause de tous leurs malheurs. Ils ont été les boucs émissaires d’une société rurale et fermée, adepte de la superstition et pratiquant la compromission et l’injustice à tous les étages. Alors l’auteur en fait beaucoup trop dans le pathos et le sentimental sans laisser au lecteur le moyen de ressentir par lui-même la souffrance du petit héros.
La seconde partie s’attache à un groupe de jeunes enfants orphelins exploités par un couple de méchants, et là, vous tenez Bernard et Bianca pour le chef d’œuvre du siècle passé. Alors malgré « le prestigieux prix Andersen Italia du roman jeunesse 2004 », vous pourrez éviter de lire ce Dernier elfe qui mérite cependant d’être feuilleté pour ses belles et sobres illustrations.

 

Le dernier elfe (2004), Silvana de Mari traduite de l’italien par Jacques Barbéri, Albin Michel (Wiz), octobre 2004, 380 pages, 15€

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