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L’écorcheur – Neal Asher

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Difficile de faire la critique de ce livre tant il y a du meilleur et du pire. Je me suis arrêtée à la page 162 alors que le début fait partie de ce que j’ai lu de plus enthousiasmant depuis longtemps. Asher met en place un monde tout à fait original. Sur la planète Spatterjay vivent quelques hommes, les Hoopers, mais surtout des créatures marines toutes plus carnassières et voraces les unes que les autres. Les sangsues y ont la particularité d’inoculer un virus gourmand mais qui garantit la vie éternelle et la régénération quasi instantanée des blessures. Malgré tout, les touristes ne sont pas nombreux sur cette planète aqueuse parsemée d’îles minuscules. Sur l’une d’entre elles vit l’écorcheur. Aussi cruel que son nom le laisse supposer, il a jadis été décapité par un capitaine courageux, qui depuis lors garde sa tête (vivante et affamée) sur son bateau.

Cette ambiance surprenante, originale et dangereuse laisse présager le meilleur. Certaines scènes sanglantes sont si brillamment mises en scène , avec détachement et brio, qu’elles en deviennent presque comiques. Malheureusement, il n’y a pas d’intrigue et le roman se traîne sans retenir l’attention du lecteur au-delà des superbes descriptions. Il y a bien trois personnages centraux : Keech le réifié (i.e. mort vivant) dont l’état est à l’origine de plaisanteries subtiles très british, à la recherche d’une bande d’assassins, Janer et ses frelons, qui sert l’esprit de la ruche, et Erlin, jeune femme ethnologue. Mais chacun agit dans son coin sans que leurs chemins se croisent ou que les intrigues se nouent.
La construction complexe du roman (on suit un personnage après l’autre, certains secondaires dont ne sait pas ce qu’ils ont à voir avec les trois principaux) demande une attention de lecture toujours pas récompensée à la moitié du volume. Encore une fois c’est bien dommage tant l’univers créé est original. Si vous êtes plus patient que moi, vous aurez peut-être de bonnes surprises.

L’écorcheur, Neal Asher (2002) traduit de l’anglais par Jean-Pierre Pugi, Fleuve Noir (Rendez-vous Ailleurs), avril 2005, 312 pages, 19€

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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