Adultes

Les poules bleues de l’automne – Frédéric Darriet

Darrier.jpg

Habiter en Sibérie, ça n’est pas toujours drôle, Joe le Vagabond et son ami Stanislas l’aubergiste vous le diront. Mais alors que la Terre est ravagée par le génie humain, peut-être que ce coin inhospitalier pourrait se révéler être le dernier endroit vivable. Surtout quand une superbe blonde surgit, pas trop bête, toute prête à faire un beau couple avec l’homme qui erre.
Encore mieux, voilà que débarque dans ce trou du cul du monde, le savant astronome qui a découvert Contact, énorme vaisseau spatial muet et immobile qui surplombe la Terre depuis des mois. Il choisit d’emblée les deux tourtereaux dés?uvrés pour les envoyer sur Mars par le prochain vol. Ils vont découvrir d’incroyables constructions martiennes et entrevoir, grâce à un poulpe jaune bigarré de pourpre, la pluralité des mondes habités.

On aura compris que le scénario est des plus extravagants et que l’auteur ne s’embarrasse pas de crédibilité. Il faut donc accepter qu’un vagabond sans nom participe à une mission primordiale sur Mars, alors qu’il n’a pas la première notion d’astronomie. L’auteur met plus particulièrement l’accent sur l’état de la planète et l’incroyable efficacité de l’homme à détruire les ressources naturelles qui lui sont vitales. Effet de serre, trou dans la couche d’ozone, pollution, et voilà les villes englouties, noyées. Ajouter à ça une épidémie de grippe espagnole réactivée et la population perd sept milliards d’habitants en quelques semaines (elle en compte quinze en ces années 2080). L’homme est si mal parti, pense Darriet, que l’espoir ne peut venir que d’ailleurs d’une communauté interstellaire et bienveillante susceptible de tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.

Nul doute que Darriet aime écrire. Il raconte avec plaisir, à la première personne, dans un style plaisant. On espère donc qu’il bride son enthousiasme pour élaborer des intrigues plus concises, qui ne défient pas tant le vraisemblable (la science-fiction, même si elle est un genre de l’Imaginaire, n’en est pas moins rationnelle) avec des personnages qui, pour perdre en romanesque, gagneraient en crédibilité.

Les poules bleues de l’automne, Frédéric Darriet, Editions La Bruyère, 1er trimestre 2000, 88 F., 136 pages

A lire aussi :

Le successeur de pierre – Jean-Michel Truong Roman touffu, roman parfois ardu, mais roman stimulant, aux multiples pistes de réflexion. L'intrigue est assez complexe, mais je vais tenter d'en...
Le temps de Palanquine – Thierry Di Rollo XXIIeme siècle. La Terre est menacée par Palanquine, un corps céleste rouge sang qui progresse avec une régularité mortifère. Il ne reste que peu de t...
Lilliputia – Xavier Mauméjean Il y a les billets faciles à écrire et ceux qui coûtent. En voici un que je ressasse depuis longtemps, depuis que j'ai commencé Lilliputia, au moins c...
Le maître des noms – Joseph Ladik Commençons par dire que j'avais quelques a priori avant d'entamer la lecture de ce livre. Non pas à l'encontre de l'auteur puisque c'est son premier...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *