Alter Jérémy – Johan Heliot


Alter Jérémy

Après un premier essai chez Magnard, Johan Heliot poursuit son incursion en littérature de jeunesse dans l’écurie de Denis Guiot avec cet Alter Jérémy. On connaît le goût de cette collection pour les interrogations actuelles, les problèmes de société et le devenir de l’homme face aux nouvelles technologies. Ce trente-cinquième opus s’intéresse à l’intelligence artificielle en proposant un livre assez étrange.

Hugues Kessler est un informaticien très talentueux. Il a perdu sa femme et se retrouve seul avec ses deux enfants adolescents. Peu de temps après le début du roman, son fils Jérémy, âgé de 13 ans meurt lui aussi. Sa sœur aînée, Lise, parvient à communiquer à nouveau avec lui grâce à un programme informatique piraté à son père. Là où l’histoire devient complexe, c’est que Jérémy n’est pas ressuscité puisqu’il n’est pas présent physiquement ; il n’est pas non plus invoqué puisqu’il ne s’agit pas de magie. Il est cependant bien réel quelque part, potentiellement vivant puisqu’il ne se contente pas de répondre à des questions ou de résoudre des équations difficiles, comme une I.A. de base, il réfléchit, se souvient de son passé et surtout éprouve des sentiments humains au même titre que les autres personnages. De même certains personnages de l’histoire, amis de Jérémy, parviennent à pénétrer dans sa réalité virtuelle pour influencer son comportement. Le but étant de lui faire quitter le monde où il vit ( ?) pour un autre, en l’occurrence celui où vit sa mère virtuelle. Au finale, ils vont partir ensemble vers un monde meilleur : le paradis des I.A. ?

Johan Heliot n’a pas perdu son savoir-faire d’écrivain en passant d’une classe d’âges à une autre. Beaucoup d’action ici et de jeunes héros qui ne manquent pas de ressources. Il n’en demeure pas moins que je n’ai pas bien compris la finalité de ce roman, plutôt bizarre, où les niveaux de réalité s’entremêlent sans que l’on sache bien dans quel but. Sauver les I.A. des méchants ingénieurs qui pourraient profiter d’elles ? Mais ne servent-elles pas à ça justement, à être utilisées ? Le but de Kessler au départ est de faire revivre un être cher, en faire comme un animal de compagnie doué de sentiments et de raison. Mais comment pleurer sur leur sort puisqu’ils sont encore moins vivants qu’un caniche ou un lapin nain ? Peut-être Héliot n’a-t-il pas réussi l’humanisation de son I.A. et ne la prend-on ainsi pas en pitié…

Johan Heliot sur Mes Imaginaires

Alter Jérémy, Johan Heliot, Mango (Autres Mondes n°35), novembre 2005, 173 pages, 9€

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