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La reine de Vendôme / 1 – Colin Marchika

MarchikaDans un monde où les humains côtoient des animaux anthropomorphisés, le chevalier Eyr passe. Il va et se trouve parfois pris dans des conflits importants, au cœur du royaume de Vendôme. Aussi, quand il promet au chevalier Corneille mourant de remettre son épée à son fils, il entre (sans le savoir ?) dans le jeu de la reine Sémiramis, grande manipulatrice d’hommes et de vies humaines, âgée de plusieurs siècles et entourée de ses conseillers, aussi magiciens qu’elle. Entrer dans son royaume, c’est se placer sur son échiquier.
Eyr va devenir le mentor du jeune Corneille, son maître à penser et son maître d’escrime mais il va devoir affronter les ennemis de Vendôme, le duc Burgundus et ses puissants Paladins noirs. Et surtout Jered Raque, trop puissant pour pouvoir rester vivant sans faire de l’ombre à Sémiramis. Il va également devoir déjouer les charmes des demoiselles du palais qui rivalisent de beauté et d’attentions pour le séduire.

Si vous vous êtes appliqué à déterminer les forces en présence (qui lutte contre qui et pourquoi), vous serez tout content d’avoir cerné les conflits qui opposent Henkis et Yankis, les Nônes et les Paladins noirs, et d’avoir reconstitué le passé guerrier de tous ces personnages, qui pèse de tout son poids sur l’intrigue. Le problème, qui fait l’originalité de cette histoire, c’est que tout nous est conté par la voix d’Eyr, à la première personne, et que l’on ne sait rien de lui, ou peu s’en faut. Et quand à la fin de ce premier volume, son identité est révélée, vous êtes bon pour retourner en arrière ou consulter vos notes. Procédé habile et donc plaisant. Et qui soulève bien des interrogations quant aux intentions du narrateur.
On regrette juste que le chevalier Eyr tombe un peu subitement amoureux, qu’on ne nous en dise pas plus sur le petit peuple à fourrure mené par le puissant maître Blaireau et que l’action piétine quelque peu. Tout le monde est là, rassemblé, identifié, et il ne se passe pas grand-chose qui fasse évoluer l’action. Heureusement, Eyr ne manque pas d’humour et rapporte les faits et gestes de la cour de Vendôme (qui pourrait aussi bien être Tours ou Dijon) avec humour et détachement. On suivra avec plaisir ses escalades nocturnes et ses joutes verbales ainsi que les intrigues de cette cour fermée et dangereuse.

Le second volume exploitera peut-être plus le potentiel rocambolesque des personnages.

 

La reine de Vendôme – 1, Colin Marchika, Mnémos, octobre 2001, 258 pages, 16,77€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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