Jeunesse

Le Clan des Otori / 3 – Lian Hearn

Hearn-3.gif
Sire Shigeru est mort et le sort s’acharne sur Takeo renié par son clan, poursuivi par Araï, le chef de guerre qui veut sa mort. Il n’a plus que son amour pour Kaede, qu’il a épousée à la fin du second tome. Tous deux décident de se rendre sur les terres de la jeune femme afin d’y affermir son autorité. Mais Takeo doit organiser la résistance et se défendre inlassablement contre les attaques de la Tribu qu’il a désertée et qui veut aujourd’hui sa mort. Bousculant tous les codes, Takeo se marie sans l’autorisation des seigneurs de la guerre, s’allie à des parias et communique avec des membres de la secte des Invisibles. Les deux jeunes époux seront plus que jamais victimes de leur témérité et du non respect des traditions de leur caste dont l’emprise est plus que jamais sensible grâce à la grande qualité d’écriture de Lian Hearn.

Certaines scènes sont à la fois extrêmement cruelles et émouvantes, comme celle où Takeo doit tuer son allié Jo-An, paria de cette société mais d’une dévotion sans borne.
Ce dernier tome signe en filigrane la fin d’une société : les cruelles traditions d’honneur sont ébranlées par la fidélité et l’amour ; une religion nouvelle, celle des Invisibles, prônant la non violence et l’amour du prochain s’installe ; de nouvelles techniques de combat, comme les armes à feu, tout à fait en contradiction avec le code des guerriers, font leur apparition ; la Terre tremble, renversant violemment et définitivement les tyrans.
Après deux premiers tomes quasi parfaits, on attend bien sûr le dernier avec impatience afin de savoir comment cette histoire d’amour et de fureur va s’achever, comment tous ces destins et intérêts vont se combiner. Je ne cacherai donc pas que je suis extrêmement déçue par la fin, beaucoup trop facile au regard de la complexité de tout le récit. L’auteur s’en sort part une pirouette indigne du reste qui règle le sort de chacun au moment des affrontements finaux. On se sent floué par ce tour de passe-passe, comme un coup de baguette magique narratif. Cette fin n’enlève rien à la densité narrative de la trilogie et à la virtuosité de l’auteur tout au long de ces trois tomes mais le dénouement n’est pas du tout à la hauteur du reste. Arrêtez-vous donc à la page 336, tout est bien qui finit bien (dommage?).

Lian Hearn sur Mes Imaginaires

Le Clan des Otori – 3 : la clarté de la lune (2004), Lian Hearn traduite de l’anglais par Philippe Giraudon, Gallimard Jeunesse, août 2004, 381 pages, 18€

A lire aussi :

Le club des mauvais jours – Alison Goodman Encore une histoire de jeune fille qui doit affronter les forces du Mal. Autant dire que le sujet est devenu récurrent et que l’enjeu pour les auteurs...
L’invasion des profanateurs – Jack Fin... Miles Bennell, 28 ans, est médecin à Mill Valley, tranquille bourg de Californie. Son père a vu naître la moitié de la ville et il a pris le relais....
Envahisseurs ! – Andrew Weiner Aux dires de l'auteur, qui commente chacune de ses nouvelles, ces treize textes ont été écrits entre 1982 et 1993. On a donc un bon aperçu des talents...
Corps variables – Marcel Theroux Après une préface qui laisse augurer un thriller, Corps variables se présente comme un campus novel avec un narrateur spécialiste de Samuel Johnson, p...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *